Italian Instabile Orchestra : Plays Ellington
PLAYS ELLINGTON de ITALIAN INSTABILE ORCHESTRA” target=”_blank”>Felmay / Xango Music
Le dernier opus intitulé « Plays Ellington » pourrait malheureusement bien être l’album d’adieu de l’ensemble Italian Instabile Orchestra, ce collectif qui a su intégrer, à sa manière, toute la tradition du big band dans chacun de ses enregistrements et, principalement, lors de ses concerts, de Duke Ellington à Thad Jones & Mel Lewis en passant par Maria Schneider et Darcy James Argue. En octobre 2024, l’Italian Instabile Orchestra a donné un dernier concert de retrouvailles à Rome. Pourtant, l’ensemble avait déjà annoncé sa dissolution officielle à l’occasion d’un concert à Porto le 10 décembre 2013, une prestation qui a fait l’objet d’un enregistrement qui peut désormais être réécouté sur « Plays Ellington ». Depuis sa création, en 1990, l’ensemble a vécu un parcours international infernal à travers plusieurs continents. Au fil des ans, les musiciens ont invité des musiciens de renom tels que Cecil Taylor et Anthony Braxton. Cet ensemble italien n’est donc pas un big band comme les autres. Les membres du groupe provenaient de la scène italienne d’improvisation et d’avant-garde, à une époque où ces mouvements étaient durement touchés. Une autre caractéristique intéressante est que les musiciens n’avaient pas de chef d’orchestre attitré, mais qu’ils assumaient cette fonction à tour de rôle. Une référence que l’on retrouve par ailleurs dans le nom de l’ensemble (instabile). Comme un peu partout, les changements de personnel se sont accompagnés d’une vague de rajeunissement. Ainsi, de nombreux musiciens de la nouvelle génération ont joué pour « Plays Ellington », mais la précision et le goût de l’aventure ont été préservés. Les arrangements pour ce programme ont bel et bien été composés par le vétéran Giancarlo Schiaffini, qui a également dirigé l’orchestre pour l’occasion. Au final, nous embarquons pour cinquante minutes de détente au « paradis du big band », où des adjectifs tels que « progressif », « inventif » et « peu orthodoxe » sont tout à fait de circonstance. Entre le blues du morceau d’ouverture « Come Sunday » et le dernier voyage mouvementé, « Take The A Train », l’album nous offre de nombreuses péripéties. Le port de la ceinture est donc vivement recommandé pour profiter de cette musique intemporelle. On espère surtout que cet opus connaîtra une suite et que l’orchestre ne cessera pas définitivement ses activités.
Une collaboration Jazz’halo / JazzMania
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