Giovanni Di Domenico : Echolalia

Giovanni Di Domenico : Echolalia

W.E.R.F. Records / N.E.W.S.

Giovanni Di Domenico est un cas à part sur la scène bruxelloise du jazz. Diplômé du Conservatoire Royal de La Haye, Romain de naissance et ayant passé une bonne partie de son enfance en Afrique, il a fini (?) par gagner Bruxelles en suivant la suggestion de deux amis, Manolo Cabras et Lynn Cassiers. Il n’a plus quitté la capitale belge depuis, et ça fait à présent une petite vingtaine d’années qu’il y vit… Par amour pour la ville, dit-il, et rien d’autre. Car si vous lui posez la question, Di Domenico vous affirmera qu’il n’aime pas la scène bruxelloise du jazz, du moins ce qu’elle est devenue, trop mainstream à son goût. De mauvais augure tout cela ? Non, fort heureusement. On peut très bien ne pas partager cet avis tout en appréciant la musique que ce claviériste nous livre. A la suite d’une œuvre déjà pléthorique (voir à ce sujet sa page Bandcamp pour s’en faire une petite idée), forte de collaborations (Jim O’Rourke, Arve Henriksen,…) et d’efforts en solitaire, nous arrive ce nième album paru chez W.E.R.F. Records. Trois titres. Un premier enchaînement « Aoede » / « Melete » en face A, en duo dans un premier temps avec la saxophoniste française Alexandra Grimal, puis accompagné par le batteur anversois Eric Thielemans qui poursuivra le chemin pour « Mneme », un titre qui se déploie sur tout le sillon de la face B. Selon nos sources, Giovanni Di Domenico produirait parfois une musique bien plus expérimentale que celle-ci. Car dès que le batteur se met en route, on franchit une frontière qui sépare un jazz néo-classique d’une musique contrôlée sous hypnose. Avec ce dialogue constructif batterie / claviers (piano, Fender Rhodes, synthétiseurs et orgue), on entre dans un autre univers. Les Bruxellois de Baan (pourtant pas « mainstream ») seraient à ce stade un point lumineux posé dans la nuit, susceptible de vous éclairer davantage quant au contenu musical qui nous est offert sur cet album. Soit, en ce qui me concerne, une très belle découverte !

Yves Tassin