
Musique Populaire – East-West
“ Please allow me to introduce myself….. “. L’âge de Michel Blanc….
“Lend me your ears and I’ll sing you a song…. “. Ce qui remonte à la surface 50 ans plus tard… et qui se poursuit….
“But, shouldn’t there be some kind of structure… ?” (*)
Pas de garantie de qualité…. Cependant, un trésor est caché dedans… En creusant, on trouve… A vos pioches…
« If you’ve heard this story before, don’t stop me, because I’d like to hear it again” (Groucho Marx).
La musique populaire a ses niches, qu’il faut parfois dénicher…
Ainsi, San Francisco aura toujours fait de l’ombre – nous sommes dans les années 60, remember-, à San Jose … La faune locale livrera quelques groupes qui auraient pu être valablement épinglés à l’affiche du Fillmore, si ce n’était le snobisme de son tenancier… Comment le 45trs des Count five s’est-il retrouvé dans le Juke-box jouxtant la piste des auto-tamponneuses, en ce mois d’octobre 68, à Verviers ? La dernière pièce y sera engloutie, miraculeusement retrouvée au fond de la poche, alors que les autres blancs-becs, eux, remettaient ça à leur volant, pour épater la galerie. Et qui se souciait de l’écouter, alors que la concurrence était rude, allant des Sunlights à Antoine, de Dave Berry à Tom Jones ? Vive le poste à transistors… et puis la station radio de la communauté canadienne installée en Allemagne. Et puis la curiosité maladive de l’ado perdu prenant une pause dans son bain… seul refuge.
Récepteur à piles, qu’on se rassure, mais « Psychotic reaction » faisait vraiment la différence, sur la FM. Une intro travaillée, 12 cordes et harmonica, un aveu de défaite -amours impossibles-, une démultiplication à la double croche ajoutant la frénésie, retour et fade out. Un vent nouveau venait de s’engouffrer dans la pièce à l’air vicié.
Bien propres sur eux, les jeunots, pas vrai ? Qu’on ne s’y trompe pas, ‘y a qu’à voir dans quels shaggy shacks les groupes atterrissaient…Me souviens pas que Zappa y ait joué, tiens, la preuve.
La concurrence était rude, témoin, le Chocolate watchband, plus Stones que les vrais, jusqu’aux maracas, ici dans un film « Riot on sunset strip ».
L’astuce veut que Wim Wenders place « Psychotic reaction » dans son « Alice dans la ville », aux côtés de Chuck Berry, Canned heat et… Can. L’histoire se passe à Wuppertal… Voisine de… Düsseldorf. Hauts lieux, pour ce qui concerne la basse Rhénanie, de l’institution nazie. Avec son bassin industriel prospère, c’était un peu obligé. Entre les deux se trouvait une centrale thermique marquant le paysage depuis le début du 20ème. Impossible, pour Ralf & Florian de ne pas la voir. En allemand, centrale thermique se dit Kraftwerk. Les deux premiers albums, reprenant le cône de signalisation lié à tout chantier, seront récriés par le duo. Parmi les compositions de l’époque, le fameux « Rückzug » servira d’indicatif à l’émission « Kennzeichen D », de la ZDF. Mais, plus remarquable, le « Vom Himmel hoch » illustre une avancée sonore lugubre se terminant par un… lâcher de bombes. Impressionnant, pour un duo allemand, 25 ans après la guerre…
Ici, il s’agit de la première présentation en public à Soest, à la Toussaint (on s’enfonce, là)… à un rassemblement de la jeunesse. Soest, au barrage de la Möhne, alimentant la vallée de la Ruhr en énergie, bombardé par les alliés en 43, causant la perte de villages en contrebas, outre l’alimentation des usines. Mais on ne peut ignorer que le titre renvoie à Bach, qui a composé cet air, inclus dans son Oratorio de Noël, basée sur des paroles de Martin Luther. C’est aussi une cantate de F. Mendelsohn…. Remplacer l’ange descendant du ciel à l’occasion des fêtes par la bombe tombant pour faire la nuit, voilà un message subversif indéniable. Ralf et Florian seront plus préoccupés par les développements de l’appareillage électronique, aussi ont-ils refermé très tôt ce chapitre, au point de ne plus vouloir voir apparaître ces 2 lps sur leur discographie officielle…. « Autobahn » sera sans doute le passage de l’ancien au nouveau, promenade faussement innocente au volant de leur Coccinelle, sur ces autoroutes promises à une durée millénaire…. Ils finiront en 2 roues…
(cf les biographies des 2 percussionnistes de Kraftwerk, avec, p ex, les témoignages à propos des droits et signatures, durant les années 70. « I was a robot » Wolfgang Flür, pp 330-340)
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(*) Material “Ciquri/Detached » 12”.