CDSM : Convertible Hearse

CDSM : Convertible Hearse

Mothland / Exag Records

CDSM pour Celebrity Death Slot Machine, un trio basé à Atlanta qui nous replonge dans les débuts du synth rock et de l’electric body music. Derrière les voix, rarement trafiquées (« Cuck Jail » l’est), c’est une armada de synthés, de bpm, de percussions qui s’imposent, laissant quelques espaces pour un saxophone (seul élément un peu jazzy de cet album) et une batterie. A titre d’info, pour les prestations live, le trio s’augmente de trois invités qui officient tous aux synthés. Parfois, s’ajoutent une guitare et une basse. Formé en 2021, le groupe n’avait sorti qu’un EP « Hell Stairs » décrit à l’époque comme « un enfant perdu de chez Ze Records et Stiff ». Avec ce premier album, je parlerai plutôt d’un groupe influencé par l’Angleterre et l’Europe des débuts de l’EBM et l’apparition des synthétiseurs. Je trouve qu’ici nous faisons vraiment un bond dans le passé. Cette musique nous renvoie à Fad Gadget, notamment sur le très bon « Slug Fucker », à The Normal, aux premiers Human League et Depeche Mode, à Front Line Assembly et à nos compatriotes de Neon Judgement et Front 242 (« This Is My New Hell », « What Do You Make »). Voire, pour une défonce joyeuse, à nos plus contemporains Viagra Boys ! L’omniprésence de rythmiques invitant à la danse, des mélodies parfois imparables, d’efficaces gimmicks font que nous accrochons immédiatement. A la condition d’être sensible à ce style musical qui conserve toujours une importante cohorte de suiveurs (cf le festival Mera Luna en Allemagne). Toutes les plages, au nombre de 10 pour 35 minutes, ne sont pas fabuleuses, mais une bonne partie d’entre-elles a de quoi nous convaincre et nous pousser à gesticuler d’une manière robotique. Les éloges concernant les prestations live du groupe sont nombreux, c’est la raison pour laquelle je vous inviterai à écouter cet album avec un bon volume sonore. Question comme d’y être quelque peu télé transporté. Back to the future ?

Claudy Jalet