Stéphane Galland : Kanda
Challenge / New Arts International
Le batteur Stéphane Galland continue d’accumuler les projets. Le dernier en date est « Kanda », pour lequel il s’entoure de la bassiste Louise van den Heuvel et de la flûtiste Lúcia Pires. Le choix de Louise van den Heuvel est évident. Elle est également la complice de Galland dans The Rhythm Hunters et The Gallands. Il a fait la connaissance de Lúcia Pires grâce à ses contributions dans des groupes tels que Steps et surtout Tomorrow’s Warriors, à l’initiative du Brosella dont il était co-coach lors de la première édition et dont Pires faisait partie. Le fait qu’elle maîtrise également l’électronique et joue de l’EWI de manière inventive était un atout supplémentaire pour Galland.
Perfection
Avec « Kanda », le batteur part à nouveau à la chasse aux rythmes originaux. Il transforme à sa guise des structures nouvelles ou existantes issues de diverses cultures musicales et les transforme en combinaisons originales. Comme à son habitude, beaucoup de réflexions philosophiques y sont contenues. Ainsi, « Synaptic Umami » (un labyrinthe minutieusement dessiné de grooves et de beats changeants) fait référence à un type de perfection et « Kanda » fait référence à des liens communs sans que ceux-ci ne se remarquent explicitement.
Mantra
Galland, van den Heuvel et Pires illustrent ce dernier concept en créant toutes les compositions en trio. Seul « Neurones Miroirs » (un morceau staccato, échantillon à l’attrait intemporel) est l’œuvre de Galland lui-même, tandis qu’il a coécrit l’hypnotique « XR6 » (à lire en français) avec Pires. Un exercice de style mathématique fascinant, telle une collection de métronomes qui résonnent les uns avec les autres. « Akasa-Dvara » est quant à lui construit comme un mantra lentement progressif, avec une aura presque sacrée. L’humour n’est pas en reste. Le très agité « Pung Fu Kanda », qui passe de temps en temps en overdrive, en est la preuve.
Catharsis
« Quantum Koan » regorge de jeux sonores et s’aborde comme le reflet des couches cachées derrière chaque réalité ou perception. Le morceau de clôture « Joya » est la catharsis finale avec un nouvel enchainement de mesures décalées, y compris une explosion intermédiaire suivie d’une mélodie expansive à la flûte.
Un album qui prouve une fois de plus que l’unité existe précisément grâce à la diversité, et ce à tous les niveaux. Dans le livret, Galland approfondit certaines conceptions intégrées dans le répertoire.
En live
Des avant-premières ont déjà eu lieu en direct lors du Jazz Middelheim l’été dernier, mais aussi à la Jazzstation au mois d’octobre.
Au cours de ce concert, la grande diversité du répertoire a été mise en valeur dans des conditions parfaites. La setlist comprenait notamment un morceau traditionnel arménien, un ancien morceau de LOBI (le trio Galland/Tigran Hamasyan/Magik Malik) et une composition totalement inédite (« King Kong »). Le duo flûte et batterie (« XR6 ») était impressionnant.
Une grande tournée démarre début décembre.
Une collaboration Jazz’halo / JazzMania
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