Ester Quevedo : Garabato
Le pianiste/compositeur espagnol Ester Quevedo nous compte à travers ses compositions des histoires personnelles par la conception d’un jazz classique plutôt temporisé. Un travail qu’il partage d’une part avec Paul Sala à la contrebasse et d’autre part avec Andreu Pitarch à la batterie et aux percussions. Un opus conçu sur la base d’un trio où un piano inventif voire volubile, s’adjoint les services, ou plutôt l’accompagnement, d’une section rythmique jouant un jeu posé, voire feutré. Si, à certains moments, le piano se met en évidence, contrebasse et batterie prenant une position de retrait, les arrangements permettent aussi de mettre justement en avant les deux autres instruments avec des passages plus solistes. Notons le travail millimétré de la section rythmique, comme ce jeu subtil aux cymbales (plutôt frottées que frappées), et plus précisément au charleston, idem pour la caisse-claire. On pourrait dire de même pour la contrebasse dont le rendu sonore se décline lui aussi tout en délicatesse. Bien sûr, le piano reste l’instrument de pointe, avec là également un travail délicat qui force le respect et où l’auditeur attentif pourra y déceler toutes les subtilités. Evidemment, le rendu musical reste au début souvent posé voire feutré. Cependant, plus loin au sein de l’album, on trouvera comme un changement de tempo ou de rythme, avec un jazz plus enjoué et plus ouvert. Un jeu plus appuyé aux instruments qui, en partie centrale d’album, nous apportera l’envie de bouger et qui garde une grande précision !
