Fay Claassen: Soulprint

Fay Claassen: Soulprint

Mars Label Group

La chanteuse hollandaise Fay Claassen réside à Cologne, a enregistré à Bonn ce qui doit être proche d’un quinzième album, mais à bien y regarder il y a beaucoup d’attaches avec la Belgique sur cette nouvelle livraison. D’abord, il y a Karel Boehlee (piano et synthétiseur) et Theo de Jong (basse électrique) dans son groupe. Ces deux musiciens ont longtemps accompagné Toots Thielemans et le fameux « Bluesette » de Toots est repris sur ce « Soulprint ». Signalons encore que Theo de Jong est coutumier de nos salles puisqu’il fait partie de la formation (en trio ou quartet) de la pianiste Anne Wolf mais auparavant il a joué avec Maurane, Ivan Paduart et Philip Catherine. Au niveau international, signalons sa présence auprès de Randy Brecker, Gino Vannelli ou Dee Dee Bridgewater. Sans oublier les groupes hollandais Ekseption et Kayak ! Du beau monde pour un formidable bassiste qui délivre encore toute sa virtuosité sur cet album. Et pour en terminer avec la Belgique, David Linx a écrit les paroles de « La dame du sans-souci », presqu’une ballade pop, que Fay chante en français avec un délicieux accent. Les deux derniers musiciens qui complètent le groupe sont Peter Tiehuis (guitares – superbe sur « Good Times ») et Martijn Vink (batterie). Fay et ses comparses nous jouent une musique jazz finalement très classieuse. Un jazz raffiné, ciselé, léger sur lequel la voix charme, captive. En écoutant ces dix titres, il est judicieux de lire ses impressions sur la pochette intérieure. Elle s’y confie parfois sur des sujets étonnants. Sur « Vincente 78 », elle évoque son demi-frère inconnu. Un secret gardé par son père, imaginez le choc lors de la révélation ! Mais il y a des choses plus légères, des infos musicales… Si le jazz est la ligne évidente, il convient de nuancer la chose. En effet, la musique proposée est comme un mélange de styles. Les titres sont variés et sont parfois teintés de pop (« Purity »), de rock, de soul, de pointes de funk. Un peu à la manière, par exemples, de Steely Dan ou de Joni Mitchell. Mais Fay apprécie surtout la chanteuse Betty Carter, pour qui elle a composé « Feel The Beat ». Autre hommage, cette chanson composée par Théo de Jong pour Toots : « Smiling Tears (For Toots) ». Un ravissement : l’élégance de la basse, les touches claires du piano… Nous ne sommes pas loin d’un jazz easy listening catchy. Et même si cette belle voix et ces élégants virtuoses nous quittent sur un remuant « Sacred Love And Soul Enlightening Blues », je pense que c’est l’adjectif « délicat » qui résume au mieux ces compositions.

Claudy Jalet