Viktoria Søndergaard : Music of Secrets
Les mains occupées par le rouleau de peinture, juchée sur mon escabelle, j’ai écouté les nouveautés découvertes grâce à JazzMania. Parmi celles-ci, ce CD sous un label danois d’un groupe mené par la vibraphoniste Viktoria Søndergaard, m’a particulièrement touchée. Ce véritable OVNI musical et vocal est mon coup de cœur. Il m’a procuré beaucoup de plaisir et d’énergie pendant les longues heures de labeur.
Le chant s’inspire de la légèreté popcorn des notes du vibraphone. La musique, construite collectivement sous forme de boucles répète, sans que cela soit lassant, des motifs ou des paroles, comme un mantra, les enrichissant de résonances, d’évolutions progressives du rythme et de la mélodie. C’est créatif, imaginatif, vivifiant et apaisant à la fois. Subtil mélange d’harmonies inspirées de musiques traditionnelles, d’expression d’avant-garde, et même de rap, cette musique allie les voix et les chœurs menés par Elvira Skovsang aux instruments : le piano de Frederik Blæsild Vuust, la chaleur de la contrebasse d’Ida Lund et les percussions de Siv Øyunn. Tous les musiciens prêtent leur voix au chœur. Superbe harmonie de la voix de l’homme et de la femme dans le duo « Her Absence ».
Music of secrets nous invite à un voyage vibratoire dans le vide intersidéral de l’espace. Dans « Le Soleil le Pain et l’âme », des mots en français s’invitent : « Où pouvons-nous trouver la Terre ? Y a-t-il vraiment la terre ? ».
Ce qui m’a séduit sur la pochette est l’approche collective de Viktoria Søndergaard : composer la musique en fonction des membres du groupe, et y intégrer une communauté de voix. Ce chant est aussi pour elle une manière de faire entendre un cri à propos de la société : « For me, one of the most beautiful thing in art is that we have platform to say something about the society and the world about us ».
« Le bruit des hommes ne finira jamais », chante-t-elle dans « Human Noise », mais lorsqu’il se fait musique, il est si puissant !
