Ledisi : For Dinah

Ledisi : For Dinah

Candid Records

La grande chanteuse pianiste américaine surnommée « The Queen of the Blues » se voit ici honorée au travers d’un album de neuf reprises. Neuf titres qui évoluent entre le blues, le jazz parfois big band et le gospel. Formes musicales empruntées en son temps par Dinah. Et tout comme Dinah, qui avait côtoyé de grands noms tels que Fats Waller, Lionel Hampton, Quincy Jones, Joe Zawinul ou Max Roach, Ledisi s’est également bien entourée. A la production et à la basse, il y a Christian Mc Bride (Billy Paul, Diana Krall, Pat Metheny, Chick Corea), à la guitare, Paul Jackson Jr. (Michael Jackson, Whitney Houston, Elton John, the Weeknd, Daft Punk), au piano, Michael King (Dee Dee Bridgewater, Theo Crocker) et on note encore la participation sur le titre « You’ve Got What It Takes », interprété en duo, du chanteur Gregory Porter. Rien que du beau monde, de talentueux musiciens, pour accompagner Ledisi, cette chanteuse de rythm’n blues à la voix puissante, nominée 14 fois aux Grammy Awards avec un trophée à la clé. Il y a quelques années, elle avait déjà effectué une telle démarche, rendu un bel hommage, avec l’album « Ledisi sings Nina » où elle célébrait Nina Simone. Mais Ledisi est coutumière des hommages. Au cinéma, elle a interprété deux fois Mahalia Jackson (les films « Selma » et « Remember Me ») et elle a joué également dans des biopics où elle « était » Patti Labelle puis Gladys Knight ! Cette talentueuse chanteuse, dont la discographie approche la quinzaine d’albums, adore jouer la carte de la sensibilité et reconnaît que porter une fourrure, laisser imaginer ses courbes et porter une robe moulante font partie de son image. Qu’elle en joue avec plaisir. Et ce look sensuel sied à merveille à certains titres qu’elle nous offre. Notamment grâce à une caresse telle que « You Don’t Know What Love It », grâce au soutien d’une douce guitare acoustique sur « You Go to My Head » ou aux cordes cajoleuses de « The Bitter Earth ». Sans oublier la belle reprise du hit « What A Diffence A Day Makes ». Le blues de Dinah Washington est délicatement interprété sur « If I Never Get To Heaven ». Quant au style jazz big band, il est présent, avec toute une armada de cuivres, sur l’indémodable classique « Caravan » ou sur la composition de Cole Porter « Let’s Do It ». Et là, c’est le producteur qui est à la fête ! Mais le meilleur pour moi, c’est ce duo avec Gregory Porter. Un efficace rock / rythm’n blues qui mériterait un passage dans « Later with Jools Holland » sur BBC2. Voici donc un album sans prise de tête, juste de la bonne musique et outre la voix, savourez l’efficace basse omniprésente, jouée par le producteur ! Et merci à mon rédacteur en chef d’assouvir mes petits fantasmes. Mais non, je blague !

Claudy Jalet