Marilyn Crispell & Anders Jormin : Memento
La pianiste et le contrebassiste s’étaient déjà rencontrés sur un album de Jormin en 2004 et Crispell avait alors parlé de l’influence du bassiste sur sa musique : « Quand j’ai entendu Anders jouer, cela a touché une corde sensible en moi qui a résonné fortement » écrit-elle dans les notes de l’album. Cette nouvelle rencontre ne fait que confirmer l’empathie entre les deux artistes illustrée d’entrée par une série d’improvisations : « For The Chidren » dédié à tous les enfants pris au piège de conflits dévastateurs ouvre cette série de façon tendre et mélancolique ; « Dialogue » laisse principalement la parole au contrebassiste, « Embracing The Otherness » poursuit la thématique d’ouverture avec le jeu à l’archet de Jormin sur un piano pointilliste. La première pièce composée est de Jormin et est présentée en deux volets : « Three Shades of a House- Morning » illustré par les notes cristallines de Crispell, et « Three Shades of a House – Evening » où la sonorité profonde de Anders Jormin domine. Sur « Beach at Newquay », le contrebassiste évoque le chant des mouettes à l’archet pour un voyage côtier tout en douceur. Hommage à Gary Peacock, « Dragonfly » clôt l’album en piano solo, un moment où le temps est suspendu. Un autre album bien dans l’esthétique ECM, mais dont la profondeur, d’une superbe grâce émotionnelle de tous les instants, ne peut que séduire et faire réfléchir l’auditeur. Quand la musique est belle et porteuse d’un message.
