Jake Mason Trio : The Modern Ark
Retour d’un genre qui, dans les années 50 et 60, fit les beaux jours du label Blue Note avec des figures emblématiques comme Jimmy Smith, John Patton et autres Brother Jack McDuff : le trio orgue / guitare / batterie. Basé à Melbourne (Australie), l’organiste Jake Mason a enregistré cet album dans la grande tradition du jazz-soul avec le concours du guitariste James Sherlock et du batteur Danny Fischer. Dix nouvelles compositions gorgées de soul et de funk sont proposées dans un idiome familier qui perdure depuis que les jazzmen se sont emparés du Hammond B-3 au milieu des années 50.
Du groove bien moite de « The Last Piece », sur lequel le guitariste déploie un art consommé de la « single note », au languissant « Beyond Kavik » ourlé par des nappes d’orgue ; et de « Boogaloo Popcorn » qui évoque le hard-bop-soul décontracté de Lou Donaldson à l’incontournable « Danny’s Blues » propice aux claquements de doigts, on replonge avec gourmandise dans les sortilèges d’un son vintage qui renvoie illico aux enregistrements mythiques de Rudy Van Gelder pour Alfred Lion et consorts. Bien que l’album soit principalement instrumental, le trio a invité un ou une vocaliste sur deux morceaux. Sur « The Modern Ark », c’est Kurt Elling qui chante un beau texte inspiré par une conscience environnementale tandis que « Stop Searching For Love », dont le thème est plus conforme aux chansons d’amour, est interprété par Kate Celebrano, chanteuse vedette de Melbourne à la voix veloutée. Si vous appréciez les artistes pionniers précités, mais aussi d’autres plus récents comme le regretté Joey DeFrancesco, Larry Goldings ou Brian Charrette, « The Modern Ark » est pour vous !
