Dans leur HLM – hommage à Steve Houben

Dans leur HLM – hommage à Steve Houben

HLM © Serge Braem

Steve Houben vient de nous quitter. Le 25 juillet 2025, j’ai eu la grande joie de le rencontrer et de mieux le connaître grâce au film projeté en son hommage lors de la soirée d’ouverture du Dinant Jazz Festival. En avant-première de cette soirée, Jacques Mercier et la libraire de D Livre ont présenté mon livre « Résister en voix jazz », paru ce jour-là chez Academia. Ce livre ne comprend qu’une partie de ce que j’ai écrit à l’écoute des voix du jazz et je vous partage aujourd’hui, en hommage à Steve Houben, ce poème encore inédit que j’avais écrit le 11 octobre 2021 à l’écoute de « Morceau en forme de Nougarose » compris dans « HLM » (Igloo, 1986).

Maurane, Nougaro, Steve…de grandes pointures du jazz et de la musique dans son ouverture.  Ils se sont envolés pour toujours, mais leur musique reste.

« Morceau en forme de Nougarose », HLM (Igloo 1986)

Steve Houben − Flûte traversière

Charles Loos − Clavier

Claude Maurane – voix

Maurane jeune encore et vivante et aérienne. C’est elle sans paroles.
Paon du jour Wawa wa wawouw
Planant exactement sur les ailes de Steve Houben, l’oiseau-flûte traversière
C’était le trio H. L. M. : Houben, Loos et Maurane,
Bien avant que je ne connaisse l’existence du jazz
Et que je ne rencontre les fils de Charles et Steve

Maurane,
Bien avant Yilian Cañizares et bien avant Barbara Wiernik
Toutes les couleurs de sa voix reconnaissable
Cette rondeur caractéristique. Ce souffle. Cette chose sur les cordes vocales
En forme de nougarose
Le noyau du nougat dense, sucré, qu’elle malaxe et étire
Jusqu’au filin de barbe à papa
Jusqu’au frêle parfum de rose
Toutes les couleurs de sa voix déjà présentes, l’espace sourd et sombre

Et Steve Houben, oiseau-flûte, oiseau-lyre lui répond
Batifole farandole, s’envole
Circule en cercles de plus en plus vastes

Maurane, toutes les cadences de sa voix déjà présentes
Celles de ses incantations et ses danses
Et celles de toutes les mamas. Douma babista

Et Charles la terre, qui bat doucement le cœur, le socle, la base, la basse
Et parfois s’ennougarose lui aussi

Maurane jeune encore et vivante et aérienne.
Paon du jour Wawa wa wawouw
Plane encore exactement sur les ailes de l’oiseau-flûte traversière
Et soudain se détache et s’envole
Pour toujours.

HLM © Michel Binstok

HLM © Michel Binstok
Claire Ruwet