Joe Harvey-Whyte & Geir Sundstøl : Langeleik
Détenteur d’une maîtrise parfaite pour une large gamme d’instruments à cordes (guitares, bouzouki, mandoline, guitare lap steel…), le Norvégien Geir Sundstøl est un musicien de studio très apprécié, puisqu’à ce jour, il doit avoir dépassé la barre des trois cents albums enregistrés ! Au point que sa carrière solo, entamée en 2015 seulement, n’en compte qu’une poignée. L’instrument fétiche du Londonien Joe Harvey-Whyte, c’est la pedal-steel. Il en joue en fond de scène pour l’une ou l’autre vedettes, du chanteur engagé Billy Bragg à Susanne Sundfør (Norvège) en passant par… Liam Gallagher. Il semble que Harvey-Whyte ait fait le premier pas, il y a dix ans à peu près, après avoir écouté « Furulund », le premier album solo de Sundstøl. Les conversations et les visites réciproques se multiplient, mais ce n’est qu’en 2024, pendant une pause qu’il s’octroie en Norvège durant une tournée de Susanne Sundfør, que le musicien londonien accepte l’invitation de son ami consistant à passer ensemble « cinq jours pour faire quelque chose avec deux guitares pedal steel ». Rien n’est décidé à l’avance ; l’un et l’autre proposent une méthodologie différente. Et à deux, ils avancent, utilisent leurs guitares et du matériel vintage (boite à rythmes, vieux amplis, orgue…), obtiennent l’appui d’une section rythmique (Jo Berger Myhre, Erland Dahlen et Anders Engen), ajoutent enfin les mots du poète Ivar Orvedal sur un titre. « Langeleik » dépasse à peine les trente minutes. Et pourtant, on a l’impression que l’essentiel de nos attentes s’y trouve. Neuf titres avec des motifs folks désabusés, d’une beauté limpide comme les eaux dont le duo s’inspire (les compositions portent souvent le nom de rivières). Comme le résume parfaitement Joe Harvey-Whyte, « c’est un album avec lequel on ne fait rien… Un compagnon pour rêver ».
