Marie Ossagantsia : Matin calme
Entièrement autoproduit, l’album ardemment coloré et fleuri de cette chanteuse française aux racines africaines, qui se présente comme interprète dans les styles jazzy soul et gospel, propose onze titres aux accents poétiques. Ce projet d’album « solo » a été réalisé essentiellement avec l’étroite complicité du lorrain Murat Östürk (Marie habite Lunéville donc…). Non seulement le pianiste claviériste de jazz est l’auteur de toutes les compositions, mais il est aussi leur arrangeur. Quant aux textes, ils sont pratiquement tous sont issus de la plume de l’écrivain / parolier Jacques Roure. L’auteur est aussi connu pour avoir écrit notamment pour Serge Reggiani, Lio ou Alice Dona. Pour d’autres également, mais disons des chanteurs « plus confidentiels ». Pour jouer sur son projet Marie contacte certains musiciens et tous acceptent. Le plus « connu » d’entre eux me semble être Stéphane Belmondo. Et ses interventions à la trompette et au bugle sont toutes superbes. Je ne vais pas citer tous les noms des intervenants, mais sachez qu’ils jouent de la contrebasse, de la batterie, des percussions, des flûtes, du saxophone, de l’accordéon et des guitares. « Matin calme » est empreint de soleil, de douceur, de poésie. Si le jazz retenu, fluide, est la ligne directrice de l’ensemble, ces chansons françaises sont aussi teintées de rythmiques brésiliennes, de bossa nova (« Bahia Samba »). La flûte, jouée par Nicolas Tuaillon, apporte un petit côté jazz brésilien issu des seventies. (Si vous avez vu le film « L’agent secret », cela vous donnera une idée sur les sonorités de l’époque). Le jazz se teinte aussi de blues sur des compositions telles que « La mer l’océan de l’eau » ou « La lune est passée par là ». Le titre « Tous mes étés » invite à la danse, aux déhanchements et nous serons proches de la bonne variété française avec « C’est déjà ça l’amour » qui m’a un peu rappelé France Gall. Un album pour faciliter l’éloignement face aux tumultes de notre époque.
