North Sea String Quartet : Zonar

North Sea String Quartet : Zonar

Happy Seal Records

Le quatuor à cordes est un peu à la musique classique ce que le trio piano/basse/batterie est au jazz : une formule rabâchée mais sans cesse revisitée. Pour autant, il est des quatuors à cordes dont la puissance créative échappe au carcan du format (le Kronos Quartet en est un bel exemple). Etabli aux Pays-Bas, le North Sea String Quartet s’inscrit dans cette liste. Il tire sans surprise son nom de la mer qui détrempe ses polders. George Dumitriu (violon & alto), Pablo Rodriguez (violon), Yanna Pelser (violon) et Thomas van Geelen (violoncelle) se partagent les compositions, les solos improvisés, les leads, et chacun y va également de sa voix quand il le faut. Onze pièces composent cet album d’une cinquantaine de minutes. Elles sont toutes de climats et de cadences variés. En ouverture, « Saunter », aux inflexions reichiennes, se profile avec une force à la fois percussive et lyrique impressionnante, au point que la corde se confond avec un kalimba. Plus loin, « Heavy Wood » fait un clin d’œil (in)volontaire au heavy metal. Plus loin encore, « Trauma » et « Horizonia » apparaissent comme des pièces finement balancées démontrant la maturité incontestable du jeu des musiciens. « D’antz » pourrait aisément servir de support à une chorégraphie tandis que, peu avant la fin, « The Giver » pourrait faire office de bande son dans un film de la Nouvelle Vague. Des moments de silence sont également fort présents (« Spaces »). Le quartet ne manque ni d’aplomb, ni d’humour. En témoignent les photos de la pochette qui les montrent ausculter puis disséquer un violon démembré, telles une parabole de leur démarche atypique.

Eric Therer