Buck : Animal Boisé

Buck : Animal Boisé

Mangouste Records – InOuïe Distribution

Signes des temps, beaucoup de musiciens multiplient les projets et se retrouvent dans plusieurs formations. Ainsi au sein de Buck, un sextet français qui publie son troisième album, nous retrouvons des musiciens que nous avons connus et chroniqués dans d’autres groupes. C’est le cas notamment du tromboniste Simon Girard membre également de Cissy Street et du saxophoniste ténor Léo Ouillon entendu dans Supergombo. Quant à Yann Paulet (saxophone alto), Nicolas Mondon (guitare), Nans Paulet (tuba) et Thomas Pierre (batterie) ils jouent également dans d’autres groupes. Ces rencontres entre musiciens sont aussi les signes d’une belle vitalité et elles permettent les prospections et les expérimentations diverses. Buck, avec ses quatre cuivres, nous plonge dans un jazz explosif qu’une guitare et une batterie vont soit propulser, soit atténuer, refréner. Si l’on veut résumer brièvement la musique jouée par Buck, nous dirions que tout ceci est tonitruant, puissant, dansant, épileptique. Dès la plage d’ouverture « Chiru », les cuivres sont imposants, la batterie pulse puis tout se tempère. « Blackbuck » joue sur des effets singuliers, sur les touches originales et s’impose dans un style de fanfare proposant de la psyché et de la funk ! Le très bon « Minguleros » mixe le côté grave des cuivres avec une guitare rayonnante. Le groupe ose la diversité, proposant même une guitare presque shoegaze soutenue par des cuivres jazzy qui résonnent comme une salve. Nous aurons même droit à un semblant de sonnerie (sans cors) avec cuivres bramés ! Faites travailler votre imaginaire ! Sans basse, le groupe parvient à proposer un jazz de big band qui funk et pulse sur le superbe « Acteon ». Mais les surprises continuent avec une guitare rock, des scratchs émis par Dieu sait quel instrument sur le séduisant « Super Cerf ». Et Buck nous quitte sur un atmosphérique « Heidrun », un titre beaucoup plus retenu sur lequel on imagine le cerf boisé qui s’éloigne et rentre dans les sous-bois. Je vous conseillerai d’écouter cet album au casque pour bien profiter des nombreuses nuances et des explosions ! Si quelqu’un de « La nuit des fanfares » à Marchin me lit, voici un groupe à inviter pour une des prochaines soirées. Buck déclare que dans sa musique il y a une « sauvagerie radicale ». Absolument vrai. Episodiquement adoucie malgré tout avec bonheur.

Claudy Jalet