Willem Heylen : Short Stories
Après « Meditations » sorti en 2016, « Short Stories » est le second album du guitariste belge Willem Heylen. Il est édité sur le petit label Ramble Records basé à Melbourne (Australie) où il est bien à sa place parmi des productions de musique éclectique aux accents avant-gardistes. Le répertoire est constitué de dix-neuf pièces instrumentales originales, chacune durant entre deux et trois minutes, interprétées sur des guitares la plupart du temps acoustiques mais aussi parfois électriques (« Love Theme ») ainsi que sur d’autres instruments à cordes. Au fil des plages, on entend ainsi un banjo (« Zomegloed », « Droogte »), une guitare jouée avec un bottleneck façon Ry Cooder (« Breathwork »), et même une cithare.
Certains morceaux, tels que « Visions » ou « Ending Mantra », ne sont que des textures alanguies, des « soundscapes » propices à la rêverie. D’autres comme « Nomad » se démarquent par une tonalité orientale. Des vocalises sans paroles viennent parfois se superposer à la musique (« Fast », « Cascade », « Wieglied », « Diary »), conférant une atmosphère onirique à l’ensemble. L’œuvre ne se rattache pas précisément à un genre : elle ne relève ni du jazz, ni du folk, ni de la musique world, mais propose plutôt des portraits minimalistes et variés, évoluant à la marge de ces styles dans un univers « ambient ». Ce terrain d’expérimentation rappelle le travail de guitaristes aussi singuliers que John Fahey, Ted Morcaldi, Gilbert Isbin ou Pedro Velasco. Si certains auditeurs pourraient être déconcertés par cette mosaïque de miniatures musicales, d’autres seront certainement captivés par les contrastes et la richesse évocatrice de ce voyage sonore.
