Biondini – Godard – Niggli : Fables of Time
Les accordéonistes sont peu légion dans nos pages. Hormis nos incontournables vedettes nationales que sont Didier Laloy, Tuur Florizoone et Stan Maris, quelques noms émergent de temps à autre. Ainsi, il y a plus de dix ans déjà, nous chroniquions « Senza Fine », un disque clé de Luciano Biondini où il revisitait de manière très personnelle une série de succès des cantautori, ces chanteurs compositeurs populaires italiens. Accordéoniste chevronné et passionné, Biondini a collaboré avec un tas de musiciens sous différentes formules. S’agissant de son trio avec Michel Godard et Lucas Niggli, leur collaboration remonte à de nombreuses années. « Fables of Time » est leur troisième album pour le label Intakt après « Mavì » paru en 2013, et « What Is There What Is Not » en 2011. Biondini et Godard se sont partagé l’écriture de la dizaine de compositions qui y figurent. Chacun y apporte sa sensibilité. Excellent tubiste (on rappelle qu’entre autres formations, il a figuré au sein du Louis Sclavis Septet), Godard joue aussi du serpent, ce curieux instrument à vent grave en forme de serpent, et de la basse électrique. Niggli officie à la batterie, mais recourt également à un set de percussions variées. Les deux assurent une rythmique très riche, colorée et contrastée sur laquelle l’accordéon de Biondini trouve ses marques et ses aises en grande symbiose. Godard revisite Monteverdi dont il relate qu’il a été « un de ses premiers chocs musicaux ». Ailleurs, le trio reprend Radiohead (le chavirant « Knives Out » tiré de l’album « Amnesiac »), un morceau de Carla Bley (« Lawns ») et un autre de Steve Swallow en clôture (« Dopo il tormento »). Ces « fables du temps » sont autant d’histoires musicales subtiles, adroitement balancées et fournies dans les émotions qu’elles dégagent.
