Zak Scerri : In Case I Don’t See You

Zak Scerri : In Case I Don’t See You

Autoproduction

« In Case I Don’t See You » est le premier album sorti par le guitariste d’origine australienne Zak Scerri depuis qu’il s’est relogé à Londres. Accompagné du contrebassiste Ross Anderson et du batteur Billy Pod, il propose une musique qui séduit d’emblée par la dynamique de l’ensemble et le son magnifique du trio. Si le style est globalement du post-bop, la richesse des thèmes et la diversité des nuances rompent toute uniformité conférant à chaque morceau une identité forte et immédiatement reconnaissable. La rythmique est époustouflante de présence, propulsant le soliste qui peut ainsi donner sa pleine mesure et interagissant avec lui en permanence. Zak Scerri joue sur une FGN MSA-HP, une guitare « semi-creuse » fabriquée par la firme japonaise Fujigen qui reprend le design emblématique de la Gibson ES-335 mais dans un gabarit légèrement plus petit et avec une technologie de frettage propre à la marque. Branchée dans des amplis Fender Deluxe Reverb et Traynor, elle délivre un son clair et rond avec toutefois des graves moins profonds que sur les « archtop » jazz de Gibson.

Pour s’adapter aux atmosphères de ses différentes compositions, Zak Scerri a eu recours à divers effets électroniques. Par exemple, sur la partie mélodique de « The Push Back », il utilise une pédale « Freeze » d’Electro Harmonix lui permettant de prolonger les notes à sa convenance. Sur « In Case I Don’t See You », ce sont des effets trémolo vintage qui ont été obtenus à l’aide d’une pédale Boss TR-2 Tremolo. Enfin, sur « Roach » qui débute comme un morceau de rock, une pédale JHS Double Barrel a autorisé tout du long des effets d’overdrive (distorsion/saturation). Chaque composition a ainsi bénéficié d’un travail minutieux sur l’ambiance, et c’est avec plaisir que l’auditeur passe du bop de « The Push Back » au lyrisme planant de « Almost Home », et du groove complexe de « Another Door » à l’énergie rock de « Roach ». Voici un trio de guitare qui s’impose avec brio dès la première écoute et pour lequel il est vraiment facile d’avoir « LE » coup de foudre.

Pierre Dulieu