Whatever Happens Don’t Be Yourself : Tales of No Consequence

Whatever Happens Don’t Be Yourself : Tales of No Consequence

Is it Jazz? Records

Ne vous laissez pas intriguer par le nom de ce combo qui tient plus d’une injonction paradoxale que d’une véritable maxime. C’est le batteur norvégien Nils Are Drønen qui le conduit, un projet qu’il a échafaudé il y a plus de dix ans, s’entourant de musiciens gravitant autour de la scène jazz de Bergen et de la talentueuse vocaliste Nelly Moar. Ils sont neuf au total : un piano, des cuivres (trompette et saxophone), un vibraphone, des percussions (le poste est occupé par Snorre Bjerck qui collabore également avec la chanteuse Mari Boine), une guitare, une contrebasse et la batterie de Drønen. Le disque démarre sur « Opus X », une pièce instrumentale qui, d’emblée, donne la cadence et annonce la couleur. On se situe dans le registre d’un jazz festif, chamarré et généreux. Plus loin, Nelly Moar vient poser sa voix, notamment sur « Stormy Nights », ballade apaisante et premier single tiré de l’album. La face b s’ouvre sur « Seventy-Two », une composition qui fait montre d’une superbe et nerveuse ardeur. Après un faux blues (« Green Candela Blues »), la plage éponyme « Tales of No Consequence », la seule qui soit composée par le groupe au complet, apparaît malheureusement comme trop succincte et décousue, les percussions semblent égarées et l’archet taquine inutilement les cordes de la contrebasse. Qu’à cela ne tienne, « School Bus » qui lui succède et clôture les opérations a vite fait de nous ragaillardir les oreilles. Dans la liste de ses influences, le groupe cite e.a. Alice Coltrane, Charles Mingus et l’Art Ensemble of Chicago. On pourrait la compléter en ajoutant Jaga Jazzist et Defunkt dont les réminiscences se font entendre à certains détours. Le genre de combo que l’on verrait très bien à sa place sur la scène du Brosella Festival…

Eric Therer