Graax : Hypertension
La pochette montre une photo noir et blanc floue où évoluent trois musiciens, comme saisis sur le vif. Le nom Graax y est marqué à la façon d’un lettrage rappelant l’iconographie rock garage. Le titre, « Hypertension », en surligne le halo. De prime abord, on songe à un disque post-punk. Les premières minutes d’écoute évacuent ce préjugé. Des sons cuivrés puissants portés par une rythmique soulignée par une contrebasse ronde jaillissent de nulle part. C’est donc un trio qui est à l’œuvre : un batteur, Fabien Duscombs ; un contrebassiste, Colin Jore ; et un saxophoniste basse, Frédéric Gastard. C’est, à ma connaissance, leur premier disque sous ce nom. Ils définissent leur projet comme un « petit pachyderme musical à trois pattes qui pratique une musique acoustique, mixant sans vergogne écriture sophistiquées et énergie rock, jazz atmosphérique et improvisation libre, le tout dans une tessiture graaaaave. » Pour imagée qu’elle soit, c’est une définition dont on peut volontiers s’accommoder tant elle résume bien la démarche musicale entreprise. Huit compositions sont présentées, elles sont majoritairement le fait de Fred Gastard lequel a également assuré la prise de son et le mixage. En pénultième, Graax se fend d’une reprise inopinée de Léonard Cohen (« Seems So Long Ago, Nancy »), démontant par là son habilité à passer d’un genre à l’autre, parfois au sein d’un même morceau, sans s’y éterniser. Si le groupe est parisien, le disque est publié par un collectif de Toulouse actif depuis plus d’une vingtaine d’années, dirigé par des musiciens et musiciennes privilégiant le croisement des esthétiques et des musiques hybrides. Dont acte.
