Mike Johnson : The Gardens of Loss
Cuneiform Records / Mandaï distributio
Mike Johnson a été pendant plus de 30 ans (7 albums studio entre 1984 et 2017) le guitariste-leader du groupe rock américain Thinking Plague (un des leaders américains du mouvement « Rock In Opposition »). Rock ? Oui, un rock hybride qui doit autant à une certaine musique de chambre, à des musiciens classiques comme Alban Berg ou Arnold Schönberg, au post-rock ou aux groupes anglais des années septante de L’Ecole de Canterbury (Henry Cow, mais surtout Hatfield & The North ou National Health pour l’utilisation commune de voix féminines célestes). Depuis le dernier album de Thinking Plague, il y a près de dix ans, on était sans nouvelles du groupe et de son leader. Et voilà qu’à 73 ans, Mike Johnson réapparaît avec la sortie de son premier album solo. De suite, on retrouve tout ce qui faisait le charme et le mystère de Thinking Plague : une musique savante, inclassable, aventureuse, splendidement écrite avec des arrangements d’une beauté éclatante. Et de se poser la question : « Pourquoi un album solo et pas la continuation de Thinking Plague ?», ce d’autant plus que Johnson était le seul compositeur du groupe. On trouve peut-être la réponse dans la kyrielle de musiciens invités (outre les instruments classiques du rock, on retrouve à tour de rôle une clarinette, une trompette, un trombone, une flûte, un hautbois, un cor d’harmonie, un basson, des violons, un violoncelle), ce qui permet à Mike Johnson d’étendre encore la palette de couleurs. Bref, voici un album complexe mais accessible, aux thèmes abordés guère réjouissants (les paroles de « Boys With Toys » ou l’instrumental « Soulless in Gaza ») ce que ne nous annonce pas la jolie pochette mais bien le titre du disque « The Gardens of Loss », soit « Les jardins de la perte »
