Thierry Maillard : No More She Is
Ilona Records – L’Autre Distribution
Perdre une petite fille de cinq mois est le drame qui a foudroyé le couple de Thierry Maillard. Comment faire face à un tel drame ? Comment survivre, s’en remettre ? En tant que pianiste, que compositeur, Thierry a trouvé quelques éléments d’aides dans la composition. Et quelques éléments de soutien dans la réalisation de ce double album en conviant des musiciens également amis proches. Cet hommage à sa petite June est scindé en deux parties, mais vous aurez lu dans l’interview de ce mercredi que d’autres possibilités étaient envisageables. Sur le premier CD nous écouterons quatorze chansons / ballades /jazzy jouées par un Thierry Maillard écorché mais toujours aussi magnifique, efficacement sobre, dépouillé, au piano et par le talentueux Stéphane Belmondo au bugle et à la trompette. Des instants dédiés aux brefs souvenirs que le duo dévoile avec retenue, recueillement. Des instants que Stéphane rend encore plus douloureux en parvenant à nous faire « entendre » des babillements d’enfant. On sort ému, tout bouleversé, perturbé par ces écoutes. David Linx les rejoint sur cinq titres sur lesquels il chante, en anglais, ses propres textes axés sur la perte. Le contrebassiste Thomas Bramerie apparait également sur quelques morceaux. Les titres ont tous un rapport avec le vide survenu : « Irremplaçable », « Ce souffle qui manque », « Ce vide qui respire encore », « Les jours sans elle », « The Light She Left Behind »… David Linx n’apparaît plus sur le second CD qui fait place à une section rythmique composée des compagnons de route que sont le contrebassiste Thomas Bramerie et le batteur Yoann Schmidt. Un second cd qui se veut nettement plus étoffé par l’apport des deux musiciens supplémentaires, qui est plus « dense », nettement différent puisqu’ici le jazz cool s’impose aux gré des notes, des battements joués par quatre hommes bienveillants. Un jazz qui maintient le respect et l’évocation du vide notamment au travers des titres. Au travers de vingt-quatre compositions, pour une centaine de minutes, qui font quelque peu office d’aide à la difficile reconstruction du pianiste. Vous aurez lu dans l’interview, que c’est dans la continuation, par le fait de composer, de jouer, que certaines clefs peuvent être trouvées et apporter du réconfort. Thierry Maillard souffre et, malgré ses douleurs, il nous offre une musique tellement belle. Mais tellement bouleversante. Et que dire de cette pochette qui nous fait venir les larmes aux yeux ?
