Fokkop.Unpluggd : The Imposter Acoustic

Fokkop.Unpluggd : The Imposter Acoustic

Igloo Records

Bien qu’on puisse lui reconnaître la qualité de s’ouvrir à plusieurs pistes de réflexion, le label Igloo n’a pas pour réputation de signer des artistes associés au genre rap / hip-hop. Par exemple, de ceux que l’on rencontrerait dans les festivals spécialisés… Nul ne sait qui a soufflé le nom du rappeur Herbert Celis (alias « Herb Cells ») aux oreilles des dirigeants du label, mais qu’il sache d’emblée qu’on l’en remercie ! C’est d’autant plus étonnant qu’on aurait pu s’attendre à quelque chose de plus « conventionnel » pour fêter la quatre-centième publication du label bruxellois.

Je dois bien avouer que je connais plutôt mal ce rappeur / chanteur et dessinateur d’origine limbourgeoise à qui l’on doit les séries « Jazzpresso Ristretto » pour lesquelles il applique une technique aquarelle à partir d’un bon café. Il signe bien évidemment la superbe pochette de ce disque sur laquelle on reconnaît les quatre musiciens impliqués, en mode caricatural. Car oui, revenons-en à la musique, « Fokkop.Unpluggd » est bien un projet …acoustique qui met en présence quatre musiciens exceptionnels et qui s’inspire d’un album du groupe de punk-rap électronique Fokkop.era qui doit encore être publié. Outre Herb Cells au spoken word et au chant (bouleversant à certains moments – « Tinder Struck »), on retrouve le pianiste / compositeur Martin Daniel qui, pour cette occasion, a remisé Rhodes, Korg et autre Hammond au placard. Le line up se complète avec ce bon vieux brisquard Nicolas Thys à la contrebasse (coutumier de cet exercice fusionnel au sein de TaxiWars) et avec le batteur Benjamin Tequi aperçu dans le trio de Martin De Marnette.

« The Imposter Acoustic » constitue un exercice de style qui rend hommage aux grands noms de la genèse du hip-hop (on pense à Gil Scott-Heron) en couchant les mots sur un groove jazzy souvent irrésistible (cf. « Requiem For the Ego »). On a beau retourner ce disque dans tous les sens, du recto au verso, on ne trouve absolument rien à jeter. Un gros coup de cœur qui exige une suite en concerts.

Yves Tassin