Ellas Kapell : Ember
MaisonEdition Prophone Records
Reprendre huit standards du jazz, pas toujours des plus connus, notamment issus de la plume de Bill Evans, Irving Berlin, Ray Noble, Billie Holiday et de quelques autres, et nous les resservir dans leur propre style constitue la démarche de ce quatuor suédois. Emmené par la douce voix de Lovisa Jennervall et joué par Manne Skafvenstedt (piano, synthétiseurs), August Eriksson (contrebasse, basse électrique, violon) et Devin Glänte (batterie, percussions), le cool jazz d’Ella Kapell s’associe à des pointes de folk américain. Nous noterons même la présence d’une pedal steel guitar sur « The Very Thought Of You ». Et tant que nous sommes dans les guests, un cornettiste et un saxophoniste feront chacun une apparition sur un titre. Ceci est le quatrième album du groupe et cette association jazz et folk n’était pas présente sur l’album « For All We Know » paru en 2023 et que je vous avais chroniqué. Cette évolution, ce virage musical, nous propose une musique toujours bien lisse, sans trop de surprises, si ce n’est celle d’une relecture d’un jazz traditionnel auquel une certaine fraîcheur a été apportée. Cette évasion doucereuse, intimiste, enregistrée, mixée et produite par le quartet, montre un respect pour ces compositions datées et imprime une sorte de filiation. « How Deep Is The Ocean » en est un bel exemple. Heureusement, le côté folk apporte une touche assez originale, un côté nostalgique. Un aspect plus contemporain à cette musique est apporté par les synthés, pourvoyeurs de nappes électroniques, atmosphériques sur certains passages, dont la très envoûtante plage finale « I Fall In Love Too Easily ». Dans tous les cas, nous retiendrons la finesse de jeu de ces musiciens, la belle voix de Lovisa, l’univers tendre dans lequel ces chansons retravaillées évoluent. Le groupe a étendu sa palette musicale. Elle lui assurera peut-être l’élargissement de son audience.
