En Route, Boys : En Route, Boys
Considérons ce premier album, uniquement disponible en version digitale, de ce trio canadien (Québec), comme la bande sonore d’un voyage que nous imaginons facilement en voiture, voire à moto. La preuve, le nom du groupe est inspiré du livre « Hell’s Angels » de Hunter S. Thompson, qui décrit la vie au sein du monde de ces motards. Les trois musiciens (Alexandre Gariépy, Marc-Antoine McMullen et Clément Desjardins) ne fournissent pas d’indications sur le « qui fait quoi » mais nous entendons, entre autres, des synthés modulaires, une guitare électrique, un saxophone, dans leur hypnotique musique instrumentale. En route donc sur les autoroutes qui brisent des paysages boisés ou désertiques, alternant les lumières sombres ou ensoleillées. Pas de tumultes issus des villes dans ce voyage propice à la quiétude. Mais quelque peu « trip sous acide » du fait de ces régulières nappes psychédéliques émergeantes. Ce doux périple s’étire dans de la musique planante, méditative, ambiant, délicate, dans du jazz soyeux, dans du new-age. Les synthés en sont grandement responsables tandis que la guitare, via la reverb et des accords plus marqués, perturbe un peu l’ensemble. Le saxophone agit de même en répétant des thèmes, en s’exprimant d’une manière sonique ou plus retenue, en agissant dans l’ambiant jazzy. En arrière, des sons de basses lient l’ensemble, qu’une batterie organique et des rythmiques tribales, hypnotiques, soutiennent. Les trois musiciens développent une musique qui possède la magie de nous captiver dans ses explorations sonores, dans l’étirement de ces dernières. Sans omettre de vous intéresser à ces bruits qui simulent de lointaines explosions ! Quelques titres peuvent être assimilés à du post-rock et procurent quelques envies de se trémousser (« Outremonde »). Post-rock qu’un groupe comme Mogwai propose souvent au début de ses compositions, mais ce qu’il faut avant tout retenir, c’est cet intéressant space trip imagé sur des longues routes presque illimitées. Devenez bourlingueur et accompagnez-les ! Sur la version planante de leur « Autobahn » !
