Micro Festival, Liège 7-8-9 Aout 2026

Micro Festival, Liège 7-8-9 Aout 2026

Deadletter © Quentin Perot

On ne vient pas au Micro Festival pour se repaître de têtes d’affiche, on s’y rend pour faire des découvertes. Cette édition n’a pas dérogé au principe. Sur les 45 groupes programmés, il y en avait fatalement une kyrielle que l’on entendait pour la première fois. Trois journées bien tassées sur lesquelles figuraient également une douzaine de dj’s. Impossible de relater chaque acte sur cette page. Il nous faut donc pointer quelques coups de cœur, quelques heureuses surprises, exercice fatalement arbitraire que tempèrent toutefois les nombreux échos allant dans le même sens, recueillis auprès d’autres festivaliers.

Dans un ordre chronologique, on retiendra pour le vendredi : le groove omnipotent du trio néerlandais Fellatio ; le retour, visiblement attendu par un public liégeois fidèle, de Seasick ; le quatuor de batteries/percussions emmené par Julian Sartorius (déjà chroniqué dans nos pages) et l’électronique hors gabarit du duo Dopplereffekt. Mais c’est surtout, selon nous, le combo anglais Deadletter qui se montra, aux alentours de minuit, le plus convaincant avec un rock polysémique et irrésistiblement entraînant.

Le samedi démarra avec quelques révélations belges appréciables, dont Coup Dur et Sergeant. En début de soirée, Clamm, trio post-punk australien, séduisit par sa posture à la fois intransigeante et généreuse. Plus tard, Body Horror rassemblait peu ou prou le même public pour une musique peu ou prou identique. Il revenait à Maquina, trio lisboète talentueux, de clore la soirée, ce qu’il fit avec énergie et vivacité pour terminer à 2 heures du matin alors que Frank Struyf aka Zolex officiait sur l’autre scène avec une mixture new beat/acid puisant ses racines dans la culture des clubs belges de la fin des années 80.

C’est la fameuse chaise musicale, déclinée en deux versions, enfants et adultes, qui marque la journée du dimanche. Entre les deux, c’est la découverte du jeune quartet jazz bruxellois This Is The Omen qui nous retient pour une prestation sans faille et porteuse de promesses, un groupe à suivre dans nos pages. Le début de soirée se profile avec la productrice/chanteuse guitariste montréalaise Vicky Mettler opérant sous la bannière Kee Avil articulant, désarticulant des strophes poético-électro pas toujours aisées à déchiffrer. Gee Tee qui lui succède alarme les esprits avec un son maculé, abrasif, tendu tandis qu’ Atom Tm fait sonner ses séquences synthétiques obsédantes. Elles céderont le pas à The Zawose Queens, femmes reines, régnantes, provenant de Tanzanie, ayant parcouru des milliers de kilomètres pour nous insuffler avec grâce, ici sur le parvis du quartier Nord, un peu de leur australité. Mais déjà, le week-end s’achève, déjà on finit sa dernière bière et on replie ses affaires, pour s’en retourner dans ses pénates, les oreilles lestées de sons, le cœur bordé de souvenirs.

The Zawose Queens © Quentin Perot
Compte rendu par Eric Therer