Claudia Solal – Benoit Delbecq : Honor Oxygen !

Claudia Solal – Benoit Delbecq : Honor Oxygen !

dStream – L’Autre Distribution MaisonEdition

Il suffit parfois de peu de choses pour créer une musique aux sonorités inédites. C’est à nouveau le cas sur cet album qui accueille les retrouvailles entre ces deux artistes français, six ans après « Hopetown ». Entre la chanteuse / poétesse Claudia Solal et le pianiste Benoit Delbecq. Sur des textes en anglais, parfois incluant quelques passages en français, Claudia chante sa poésie, parfois la déclame. En soutien, Benoit joue, parcourt les notes et les cordes (je suppose, à l’écoute de certaines sonorités entendues) d’un piano Steinway B New-York 1879. Ils nous jouent, chantent, rarement à deux, une musique qui leur appartient. Sur ces sons infimes, épurés, les textes poétiques voyagent entre des ressentis, de l’étrange, de l’absurde, l’Ecosse… au travers de la magnifique voix de Claudia. Voix qui n’est pas vraiment celle d’une chanteuse de jazz telle que nous la concevons. Mais elle n’est pas, non plus, ni lyrique, ni variétés pop-rock. Elle semble plus rattachée au monde de la musique « contemporaine » même « alternative » si on le veut. Je dirai simplement qu’elle est « belle » dans la façon de s’exprimer au sein d’un univers sonore inédit. Elle résume aussi ses textes de cette façon dans « High Maintenance » – « I just point out things, I make them clearer, that’s all ! ». Voilà. En soutien, les notes au piano semblent largement improvisées, spontanées. Elles s’expriment en toute liberté, nous désarmant parfois, nous captivant souvent. Sur « When Wrong Is Right » c’est le duo vocal qui s’exprime. Comme un petit chassé-croisé sur lequel le piano martèle en fond. Mais souvent, il se place en support minimaliste empreint d’une belle virtuosité, d’une recherche inédite. Ce n’est spécifié nulle part, mais parfois il me semble entendre des sonorités graves de cordes comme celles d’un violoncelle ou d’une contrebasse. Le Steinway utilisé est un piano à queue dont les cordes sont facilement accessibles. Benoit peut les pincer, les frapper, les frotter… Après mes humbles impressions, (re)lisez l’interview entre Claudia et Jacques. Elle en dit beaucoup plus et vous comprendrez aussi le pourquoi de ce beau vert de la pochette !

Claudy Jalet