Isolde Lasoen : My Kind Of Drama
Après avoir étudié le jazz au Conservatoire de Gand, Isolde a joué dans plusieurs groupes, mais c’est essentiellement en tant qu’accompagnatrice de quelques pointures du Nord, voire étrangères, qu’elle s’est construit sa renommée. Elle a joué, entre autres, avec Willy Willy (le regretté guitariste des Scabs), Raymond Van Het Groenewood, Novastar, Lady Linn, Absynthe Minded, Agnes Obel, Sophia. Du beau monde. Mais ce sont essentiellement ses prestations avec Daan qui me l’ont fait connaître. Aux côtés du « crooner rockeur », elle est d’une redoutable efficacité, non seulement à la batterie mais elle joue aussi de la trompette, de la basse, du vibraphone, des percussions. Et elle chante. Depuis une quinzaine d’années, elle a formé son propre groupe, donné de nombreux concerts et sorti deux albums. Arrive donc une nouvelle et assez surprenante production de dix titres, tous composés, paroles incluses, par elle. Un troisième album enregistré entre Courtrai et Rennes par Michael Declerck (Kavinsky, Justice, Daft Punk…) et qui s’inscrit dans la pop synthé, la french touch. Un album largement influencé par les eighties et certains artistes français. On pense à Niagara (qui venait de Rennes !) et Alain Chamfort. Deux titres électro pop sont même chantés en français. Et au sein de la plage titulaire, on ne peut éviter de penser à Abba qui croiserait le « Manureva » de Chamfort ! Quant à « Queen’s Time » et « Thief Of Joy » je leur trouve un petit côté dansant, guilleret, à la Sparks ! Des synthés vintage ont été utilisés, des vibraphones (vraiment délicat sur le déjà nommé « Thief Of Joy »), une guitare, une basse, Isolde jouant en plus de la batterie et des percussions. Cet étonnant retour vers le passé nous réserve quelques intéressantes nuances grâce à des touches funky (« Echo en toi »), un beau piano lounge, des rêveries cinématographiques (les deux plages instrumentales) évanescentes, atmosphériques (« Nothing Is Forever » par exemple) voire psychédélique (« Supraclavicular ») ou agissant comme une caresse (« Good Girl »). Sans oublier un « Perception » plus new-wave anglaise avec un peu d’EBM et des accointances avec OMD. Un album finalement ancré dans le passé, auquel se sont adjointes des touches plus contemporaines, un peu comme peuvent le faire Robyn ou Grimes, et qui se révèle mélancolique, chic, immédiat, élégant, sucré et dansant. Si les artistes nommés après l’introduction vous plaisent, foncez sur cet album. Mon épouse l’adore.