Les deux faces de Mathieu Torres.

Les deux faces de Mathieu Torres.

Le guitariste français Mathieu Torres fait partie de groupes et de projets tels que Matziz, The Diogenes et La théorie des cordes. En 2026, il aura sorti deux CD sous son propre nom, à quelques mois d’intervalle seulement.

Matziz Records

Desconegut
Desconegut

Le premier d’entre eux : “Desconegut”.

Mathieu Torres est manifestement un mélomane qui affectionne les lignes mélodiques fluides. Il y ajoute toutes sortes d’éléments qu’il puise dans divers genres. Ainsi, il parsème des compositions calmes comme « Cirrus » et « Parcmètre » de petites touches teintées de jazz. Dans « Ristretto », on entend le blues-rocker à l’œuvre. « Rejet Pyramidal » et « Saturnian Sog » sont des passages où il dévoile son côté le plus polyvalent, associé à des rebondissements rythmiques et à un swing revisité à la manière de Gilad Hekselman. On note également ici des parallèles avec l’approche de John Scofield et de Duke Robillard. « L’estaca » est quant à elle une petite valse de sa propre composition, tandis que dans « Malina », les rythmes funky et le prog se complètent. À travers le blues décontracté de « Leslie Blues », nous découvrons une autre facette de ce guitariste aux multiples talents.

Dommage que les informations contextuelles soient incomplètes. Ainsi, les noms de ses accompagnateurs ne figurent nulle part. Apparemment, la sortie a été assurée par son label Matziz Records, alors que seule la mention « ElasticStage » apparaît sur la pochette.

Sanctuaire
Sanctuaire

Pour suivre : “Sanctuaire”

Une suite logique à « Desconegut », dans laquelle les caractéristiques sont encore plus approfondies. Cette fois-ci, les accompagnateurs sont également mentionnés : le bassiste Jean-Baptiste Azanza et le batteur Guy Ould Yahoui. Le trio présente son nouveau programme avec un groove extrêmement funky. S’ensuivent ensuite des changements de tempo successifs, parfois même au sein d’un même morceau, comme dans « Pyrène », une composition complexe qui intègre des détours surprenants ! La structure de « Impressions (Cover) » connaît également ce type de revirements. « Blue Monday » donne même l’impression d’avoir été tiré du catalogue de MoonJune Records. Cela témoigne de l’évolution de Torres en tant que compositeur. Ainsi, les liens avec le blues et le prog s’intègrent de manière moins ostentatoire dans l’ensemble. La référence à John Scofield reste toutefois présente dans plusieurs morceaux, dont « Des Airs de Répit ». Avec un tel répertoire, ce trio polyvalent trouve sa place aussi bien dans le milieu du jazz que dans celui du blues et du rock.

Une collaboration Jazz’halo / JazzMania

>
Georges Tonla Briquet – Traduction libre : Yves Tassin