Stoomboot : Een hele leven

Stoomboot : Een hele leven

Challenge Records / New arts International

Stoomboot (bateau à vapeur) nous vient du nord du pays et est le nom de scène de Niels Boutsen, un chanteur guitariste compositeur (et ici également producteur) qui se désigne essentiellement comme un conteur. Conteur chantant en flamand. Depuis une quinzaine d’années, il a publié quelques albums et ce dernier, il semble l’avoir élaboré comme un concept album au sein duquel il chante des ressentis, des impressions concernant sa propre vie. A ses côtés jouent deux pointures belges : Tuur Florizoone, qu’on ne présente plus, s’occupe de l’accordéon et des claviers et Christophe Devisscher (Johan Verminnen, Michel Herr, Lee Konitz, Joe Lovano, sans oublier Simtaine, Catherine, Castellucci, Houben et tant d’autres) à la contrebasse. Enregistré live, en un jour et en studio, cet album de 10 compositions au format « chanson » s’inscrit dans l’héritage de la tradition des chanteurs folk flamands qui étaient attachés à leur terroir. Je pense notamment à des chanteurs tels qu’Yvan Heylen, Willem Vermandere, Wannes Van de Velde ou Zjef Vanuytsel. Petite parenthèse : avez-vous déjà entendu « Het dorp » de Zjef joué par Amenra ? Je ne m’en lasse pas ! Pour en revenir à Stoomboot, lui aussi a bâti sa musique sur la folk flamande, jouée à la guitare acoustique, mais il n’hésite pas à lui apporter des touches plus contemporaines. S’inscrivant parfois dans de la folk pop comme en témoigne le plus guilleret « Pompei ». Une belle relecture, mais qui se maintient souvent dans le respect des coutumes au travers d’atmosphères, d’ambiances mélancoliques. Les accompagnements derrière la voix et la guitare de Niels sont souvent délicats et Tuur Florizoone possède toute la magie nécessaire pour mettre en valeur ces deux éléments. Des notes jouées à l’accordéon résonnent la folk world tourmentée, triste, du nord du pays, même si on pense parfois aussi à Didier Laloy, tandis que les claviers apportent le côté plus contemporain. La contrebasse lie le tout et officie comme léger élément rythmique. J’ai parlé de musique du terroir mais on peut résolument associer Stoomboot à une vague plus actuelle qui inclut, par exemple, Meskeren Mees et Toasaves. Il y a peu de chances que cet album aboutisse à une certaine reconnaissance dans le sud du pays, hélas à cause de la langue, parce que, musicalement, c’est bien agréable à écouter. Même si c’est avant tout ténébreux. Et la singulière voix de Niels possède un charme certain. Soyez donc curieux !

Claudy Jalet