Serge Féray : Nico Femme Fatale
Il y a quelques années, la réalisatrice / actrice romaine Susanna Nicchiarelli avait exhumé la chanteuse allemande Nico d’un quasi anonymat. Le film « Nico, 1988 » se concentrait sur les deux dernières années de sa vie, soit la partie visible d’un iceberg qui la voyait (sous les traits de la formidable actrice danoise Trine Dyrholm) en lutte avec ses démons, tenter de reconstruire une vie en compagnie de son fils Ari qu’elle avait perdu de vue. Ceux qui ont suivi la carrière de Christa « Nico » Päffgen connaissent le dénouement cruel de son histoire. « La reine des junkies », qui avait connu tous les excès d’une héroïnomane, verra sa vie s’achever stupidement à l’âge de quarante-neuf ans, à la suite d’une chute de vélo…
Car oui, auparavant, Nico a bien été un personnage mythique. Torturé aussi. Cette « femme fatale » (sa chanson emblématique) d’une beauté glaciale a préféré prendre la voie de l’autodestruction, la seule qui la mènera au sommet de son art.
Le pourquoi et le comment de cette vie trop courte sont retracés minutieusement par Serge Feray, cette édition-ci complétant la première version publiée il y a dix ans. Depuis la naissance de Christa, l’enfant de la guerre, jusqu’à la mort cynique d’une femme bizarre et taciturne. On remonte ainsi peu à peu les époques : les sixties, durant lesquelles elle devient la muse de Warhol et la maîtresse des icônes les plus importantes (de Bob Dylan à Jim Morrison en passant par Brian Jones… et Alain Delon), les seventies avec sa lente descente aux enfers, les films de son compagnon Philippe Garrel, les eighties enfin quand elle s’installe à Ibiza où son parcours s’achève cruellement. En agissant de la sorte, le biographe rend justice à une artiste rare, trop longtemps empêtrée dans un monde glauque sans lumière.
Serge Féray
Nico Femme Fatale
ISBN : 978-2-38431-948-
310 pages