Abhra : Eight Poems on Drought

Abhra : Eight Poems on Drought

Onze Heures Onze / Socadisc

Le multi-souffleur Julien Pontvianne n’est pas un inconnu de notre rédaction. On retrouve son saxophone ou sa clarinette dans diverses formations, dont le quatuor de clarinettes Watt ou le groupe Oxyd au sein duquel joue également le claviériste Alexandre Herer avec lequel il a cofondé le collectif et label parisien Onze Heures Onze.

Cette fois, c’est du projet Abhra dont il est question. Un projet sorti de l’imagination de Pontvianne il y a dix ans et qui s’inspire de la pensée du philosophe américain Henry David Thoreau (19ième siècle) prônant l’écoute du silence et une forme d’existence proche du concept à la mode aujourd’hui, « slow », nous invitant à ralentir notre rythme de vie afin de résister à l’accélération constante que subit notre société. Répondant au principe de la lenteur, « Eight Poems on Drought » n’est que le troisième album répertorié de cette formation comprenant, outre le leader et Alexandre Herer, la violoncelliste franco-bruxelloise Adèle Viret, la guitare électrique pragmatique de Francesco Diodati, la contrebasse de Matteo Bortone et la voix aérienne, pleine de sensibilité, d’Isabel Sörling (on a parfois l’impression d’entendre l’immense Beth Gibbons). Huit titres, soit autant de poèmes venus d’horizons différents : de Palestine, où Mahmoud Darwich était une figure de proue, d’Inde (la journaliste / poétesse engagée Jacinta Kerketta) en passant par l’Amérique de Sylvia Plath. Soit un court spoken word mis à nu (« Drought » de Lucy Maude Montgomery) et sept magnifiques plaintes valorisant l’éloge de la lenteur avec des arrangements musicaux schématiques qui auraient sans doute plu au regretté Mark Hollis.

Ce disque suscite l’ennui chez vous ? Alors, il serait peut-être temps de vous inscrire à une séance de sophrologie pour gérer votre stress.

Yves Tassin