Belkacem Meziane : Funk ! – une sélection en 100 albums / Earth, Wind & Fire
Belkacem MezianeFunk ! – une sélection en 100 albums
Éditions Le mot et le reste
256 pages
ISBN : 978-2-38431-8476
Je vais vous faire un aveu : je ne danse pas. Jamais ! Et je n’ai jamais dansé. Ou si peu, l’alcool sans doute, je ne me souviens plus. Je n’y peux rien, c’est une question d’accord entre mon cerveau et les membres inférieurs de mon corps. Aucune coordination, ils ne se concertent pas, ou alors très mal …et ça vire au ridicule. J’aime la musique, j’aime voir les gens danser (les jolies femmes surtout !) et ça s’arrête à peu près là. A priori, le funk, qui est LA danse du plaisir et du lâcher-prise, au même titre que le disco, très peu pour moi ! Et bien non ! J’ADORE le funk, ses basses lourdes, ses grooves étirés à rallonge, ses guitares malmenées à coups de moulinets insensés. Puis surtout, j’adore l’état d’esprit des musiciens funk. Et manifestement, je ne suis pas le seul !
Belkacem Meziane avait déjà consacré un livre aux « 100 albums de funk » qu’il faut avoir écouté dans notre vie (Le mot et le reste, 2019 pour la première édition). Ne l’ayant pas lu, je suis incapable de vérifier pour vous si le line-up a été modifié en profondeur ou pas. Par contre, deux albums post-2019 ont été rajoutés, ce qui démontre que les lignes ont continué de bouger entretemps.
Qu’attendre d’un tel ouvrage ? Plein de choses en vérité. Les quarante premières pages nous situent le contexte. Comment en sommes-nous arrivés là (la demande du public, les intérêts financiers pour les labels…) ? Belkacem Meziane retrace pour nous le chemin, du jazz et du blues au funk, avec des étapes intermédiaires du côté du rhythm’n’blues, du doo-wop et de la soul. Des chemins empruntés parfois sans raccourcis par James Brown, George Clinton ou encore Sly Stone. Quarante pages d’une histoire qu’il jalonne au gré de ses envies de nombreuses suggestions d’écoute. Dans ce contexte, impossible de ne pas se déconnecter des parasites extérieurs. Vous entrez dans cette bulle funk, vous vous y trouvez comme un poisson dans l’eau et vous ne la quittez qu’en fin de lecture, en ayant noté sur toute feuille volante située à votre portée, les références de disques qui vous avaient échappés jusqu’alors. Car bien évidemment, les « classiques » s’y trouvent, rangés par ordre chronologique, à partir de 1968 (Sly & the Family Stone, The Temptations, Prince, James Brown, George Clinton sous toutes ses formes, etc. etc.). Mais il y a aussi des noms moins connus, des découvertes qui concernent notamment ceux qui ont poursuivi le mouvement ou qui l’ont fait revivre, alors que le funk ne se trouvait plus dans sa période de gloire, disons à partir du milieu des années quatre-vingt (Trombone Shorty, DJ Quik, Tuxedo…). Des livres comme ceux-là sont d’une importance capitale pour les aficionados d’un genre musical en particulier, mais plus encore pour ceux qui souhaitent le découvrir. Elan passionnel assuré !
Au-delà des leaders parfois un peu brindezingues qui ont conduit le funk à son apogée (on ne va pas vous réciter tous les noms), on a vu aussi éclore une quantité phénoménale de musiciens hyperdoués (surtout rythmiquement) qui ont formé des groupes à succès, en surfant sur la vague qui passait à leurs pieds. On pense par exemple à Kool & the Gang, aux Crusaders, aux Commodores, à Chic… Mais aussi, bien évidemment, à Earth, Wind & Fire, formé au tout début des seventies par le génial batteur Maurice White. S’agissant de laisser un peu de place aux autres, Earth, Wind & Fire n’est cité qu’une seule fois dans la fameuse liste des « 100 » (« Gratitude » 1975). Mais il y en a eu bien d’autres, aussi passionnants. Ceux sortis lors de la première vie du groupe, celle qui s’éteindra en 1984. La lente progression de White, suivie des aventures d’un groupe définitivement à part (y compris les carrières solos), est décrite en détail dans les 204 pages de cette biographie hyper exhaustive, tout simplement intitulée « Earth, Wind & Fire ». De quoi poursuivre votre collection de disques funk… En vinyle bien évidemment !
Belkacem Mezian