Big Space: The Pendulum Effect

Big Space: The Pendulum Effect

Autoproduction

Trio instrumental canadien, Big Space donne une suite à son premier album « Relation To Won » paru en 2021, avec un enregistrement live en studio sans overdubs. Le groupe s’y est bien entouré. Nous trouvons Brette Bullion (The Bad Plus, Low) au mixage et Nate Wood (Kneebody, Tigran Hamasyan) au mastering. Quant à Big Space, il est composé du guitariste Grant King, du bassiste Ian Murphy et du batteur Ashley Chalmers et sa musique évolue dans un mélange hybride de jazz / guitare contemporain intense et complexe avec une approche plus rock sur certains titres. Le post-rock, un brin lo-fi, fait de belles apparitions quand la guitare se fait plus cristalline, plus mélodique. Ces morceaux plus aérés, plus cinématiques ne sont alors plus soutenus que par une rythmique plus nonchalante. Le groupe insère aussi des touches progressives et de l’improvisation sur quelques plages, confirmant son désir de croiser beaucoup de styles musicaux. La tonalité monte aussi en intensité, en puissance sur des titres où le guitariste se fait plus rock et entraîne la section rythmique dans son sillage. C’est particulièrement le cas sur des titres comme « Sea Snakes » ou « Pareidolia » quand ce guitariste virtuose déroule des chapelets de notes rêches. Mais qu’il alternera bien vite avec des sonorités plus douces. Comme sur « Shirley, I’m Sure », une belle ballade lumineuse. Les dix compositions alternent donc entre densité et limpidité sur lesquelles Big Space lance des frappes puis s’assagit. Avec comme constante une généreuse amplification de la batterie qui se retrouve souvent aux avant plans. Au final, Big Space pourrait aussi bien se retrouver sur une affiche jazz que sur une affiche indie rock et captiver le public. Un peu comme Karate, le groupe de Geoff Farina, le fait depuis de nombreuses années. Au final : une intéressante et assez originale découverte.

Claudy Jalet