Björn Meyer : Convergence

Björn Meyer : Convergence

ECM / Outhere

On se souvient principalement du bassiste suédois basé en Suisse Björn Meyer comme ayant collaboré avec Anouar Brahem, Elina Duni ou avec le groupe de Nik Bärtsch, Ronin. On se souvient également d’un premier album solo (« Provenance »), déjà pour ECM, composé uniquement de titres interprétés en solitaire, à la basse électrique ou acoustique. Le revoici avec ce « Convergence » où il persévère dans son travail de la basse solo, cette fois une basse électrique à six cordes. On pourrait craindre qu’il s’agisse là d’une démarche nombriliste qui fasse reculer le plus grand nombre, habitué à percevoir la basse comme un élément de section rythmique. Que ces appréhensions soient vite dissipées : Meyer tire une gamme sonore incroyable de son instrument qui fait souvent penser à une guitare acoustique, voire à un luth, ponctuée de chocs percussifs ou d’effets type de guitare basse. Nous nous trouvons face à un sculpteur sonore qui fait chanter son instrument, qui sait le transformer en petit orchestre de chambre, poétique, où le silence (typique chez ECM) a son importance. Les compositions (toutes de la plume de Meyer) font penser à des voyages ou à des rêveries, avec des rythmes et des ambiances variées, mais ont en commun une grande douceur, pleines de lyrisme, avec un petit côté mélancolique.

J’avoue que je ne croyais pas qu’un album de basse électrique solo donne de tels résultats ; c’est surprenant et complètement en phase avec l’esthétique ECM. Inspirant, différent, magnifique.

Sergio Liberati