Bushman’s Revenge : Ah, les vaches !
C’est dans les caves d’un hôtel situé à Voss (Norvège) que j’ai entendu (et vu) pour la première fois le Bushman’s Revenge. A portée de nos bras, le trio avait joué ce soir-là un power-jazz tranchant et réfléchi. Plus de vingt années d’existence, et même si Tor Egil Kreken a repris le poste de bassiste laissé vacant par Rune Nergaard, ça renforce forcément la cohésion. Et il en faut ! Pour éviter les écueils et suivre le leader Even Helte Hermansen (par ailleurs guitariste ET compositeur du Red Kite dont nous vous avons parlé récemment) dans son imagination déroutante.
Annoncé « plus pop que rock », le douzième album de Bushman’s Revenge survient trois ans après « All the Better For Seeing You » déjà édité par le label au patronyme éclairant Is It Jazz ? Pop ? On veut bien. Mais sur le pont, ça secoue bien. A quelques exceptions près (« Barbara », « And Bullit Was His Name ») il faudra s’accrocher aux mâts avec la force du désespoir pour ne pas tomber par-dessus bord. Tenez, pour vous faire une idée, écoutez donc (et tentez de reconnaître l’original…) leur version du « Purple Rain » de Prince, arrangée par la chanteuse suédoise Stina Nordenstam (dont vous irez par ailleurs écouter quelques albums par curiosité…). La seule reprise d’un album réservé aux amateurs de contre-pieds qui apprécieront également les interventions aériennes de Johan Lindström venu renforcer le trio à la pedal steel.
Tiens, au fait… Pourquoi ce titre, « Ah, les vaches ! » (en français dans le texte…) ? Il semblerait qu’il s’agisse des dernières paroles attribuées à Erik Satie juste avant qu’il meure… Pas innocent, évidemment, compte tenu du petit grain de folie qui survole cet album.
