De Groote – Faes Duo featuring Dré Pallemaerts : Time Unfolding
VK Records pour Vlaaamsekunst Records. Et même si vous ne connaissez pas ces deux musiciens, sachez qu’au nord du pays ce sont des « pointures » ! Ensemble, ils ont accompagné le chanteur Raymond Van Het Groenewood et le groupe Kommill Foo. Quant au guitariste Bruno De Groote il a fait partie du backing band d’Axelle Red, mais il a surtout été pendant trois ans le guitariste de dEUS (de 2018 à 2021 en remplacement de Mauro Pawlowski). Cela rajoute de la crédibilité auprès d’un certain public ! Renommé guitariste formé au jazz, il joue aussi avec le contrebassiste Ben Faes. Après neuf ans de silence, le duo publie un troisième album, accompagné à la batterie par le talentueux Dré Pallemaerts. Mais sachez que pour les concerts ils s’en tiennent à la formule épurée du duo. Une formule relativement originale et une musique instrumentale qui l’est tout autant. Bruno et Ben ont chacun composé cinq titres et ces derniers s’inscrivent dans un jazz qui reflète parfois les milieux dans lesquels ces musiciens évoluent ou ont évolué. Des milieux relativement différents et quand les deux se retrouvent, c’est pour nous délivrer ce jazz qui se voit imprégné par certains styles. Mais un jazz que la guitare assez brute, parfois tendance rock, noise, singularise. Créant ainsi des écarts entre les différents titres. Ces musiciens alternent l’énergie, la délicatesse, l’intime et le minimaliste avec un réel bonheur. Des ambiances singulières sont développées. Ainsi sur « On a Timeline », c’est un cheminement du genre « L.A. Woman » des Doors, mais majoritairement jazzy, qui m’a été évoqué. Surtout via la batterie ! En toute discrétion mais avec une belle efficacité, Dré Pallemaerts pose ses rythmiques, ses caresses en soutien à cette guitare électrique et à cette contrebasse jouée parfois avec un archet (« Break of Day »). Et tout en maintenant de l’originalité, une constance de style, le duo s’aventure dans des choses plus légères. Dans le swing via « Acte de présence » ou dans le boogie remuant au sein de « Leaving the Nest ». Mais ces titres ne seront que partiellement dans ces styles. Avant, pendant ou après, la guitare se fait aventureuse, la contrebasse se fait cajoleuse, mélodique et la batterie effleure le tout en soutien. Entre jazz classique, avec notes cinglantes et électriques, parfois improvisées, flirtant soit avec Hendrix soit avec une virtuosité toute jazzy, ces musiciens imposent une musique aux développements assez originaux. Une musique imaginative qui vous demandera quelques écoutes avant de délivrer toutes ses subtilités. Déposées sous une belle pochette due à Radomira Dostal.
En concert au Leuven Jazz le dimanche 29 mars.
