Dishwasher_ : Anemonia

Dishwasher_ : Anemonia

Dox Records

Si si, souvenez-vous. Sans aucun doute, votre magazine de jazz préféré aura été le tout premier média francophone qui ait attiré votre attention sur ce trio gantois hors codes. Il y a eu cette rencontre mémorable lors de l’édition 2022 de l’InJazz à Rotterdam –https://jazzmania.be/dishwasher_-injazz-2022-walhalla-de-rotterdam-23-06-22 suivi, un an plus tard, d’une interview qui nous a permis de mieux connaître ces trois jeunes musiciens –https://jazzmania.be/dishwasher_-en-programme-intensif/ . Aujourd’hui, alors que nous arrive le second opus de Dishwasher_ (ne pas oublier le signe topographique underscore), leur bassiste en particulier, Louise van den Heuvel, a fait parler d’elle, notamment aux côtés de Stéphane Galland, sans oublier son album solo très apprécié « Sonic Hug ». Idem pour le saxophoniste / claviériste Werend van den Bossche que l’on a pu voir au sein du trio Kin Gajo lors du dernier Gaume Jazz Festival. Nous arrive donc « Anemoia » (« la nostalgie d’une époque que l’on n’a pas connue ») avec cette question existentielle : le trio Dishwasher_ devait-il poursuivre sur la même voie, ou devait-il faire table rase de son (court) passé élogieux ? D’emblée, avec le court « Raksji » et plus loin avec « Aisling » (avec ses accents electro-irlandais), le ton semble être donné. Il y aura du changement… Ou pas. C’est vrai que l’on emprunte là une voie inattendue. Mais plus loin, « Westfield » et « Phoenix » (que l’on doit au discret batteur Arno Grootaers) ainsi que le somptueux « Vuurhaard » (une composition de Louise van den Heuvel) nous redirigent vers une trajectoire plus attendue. La face B du vinyle (toujours privilégier cette option) confirme cette impression. Alors ? Que faut-il en conclure ? D’abord, que Dishwasher_ a clairement pris son destin en main, quitte à nous déboussoler un peu. Ensuite, que cette note d’intention est tout à fait respectable.

Yves Tassin