Echoes of Zoo : Collective Intelligence

Echoes of Zoo : Collective Intelligence

Zephyrus Records

Lorsqu’il était un enfant, Nathan Daems pouvait entendre les sons qui provenaient du zoo situé dans son voisinage. Le rugissement des lions l’a fortement marqué puis inspiré lorsqu’il a cherché un nom pour le quartet qu’il a fondé en 2018. Un quartet qui n’a d’ailleurs pas bougé depuis. Outre le saxophoniste, on y retrouve trois autres musiciens connus au niveau de la scène improvisée flamande : le guitariste Bart Vervaeck et le batteur Falk Schrauwen (Compro Oro), ainsi que le bassiste Lieven Van Pée (De Beren Gieren, John Ghost…). Au répertoire, un EP (« First Provocations ») suivi de deux albums « Breakout » (2021) et « Speech of Species » (2023) parus chez W.E.R.F.

Le troisième album nous arrive aujourd’hui, sous la bannière du label indépendant gantois Zephyrus Records. Son titre s’inspire de « l’intelligence naturelle » extraordinaire qui coordonne (par exemple) les migrations aviaires. Toujours impliqué dans l’appel à l’action, Nathan Daems pense qu’en s’inspirant de l’attitude de l’animal (soit en adoptant une forme « d’intelligence collective »), l’être humain serait mieux armé pour surmonter les défis qui s’accumulent au niveau mondial. Message utopique me direz-vous, mais aussi positif. Et c’est bien là l’essentiel.

Musicalement, cela se ressent aussi. La musique qu’il joue au sein de Black Flower (autre groupe essentiel au niveau belgo-flamand) est un peu plus lisse : les claviers et le fait de jouer en quintet permettent en effet l’utilisation d’autres couleurs. Avec Echoes of Zoo, Nathan privilégie les rythmes obscurs, l’énergie. Il en découle des univers chamarrés (« Higher Levels » en ouverture, « Multicellularity » avec l’utilisation de gammes arabes), psychédéliques (le magnifique « Whale Syntax » en clôture d’album, « Murmuration » inspiré des ragas indiens) et même aux frontières de la musique pop (« Pheromone Jam » avec sa mélodie entêtante). Dire que « Collective Intelligence » est l’album le plus abouti du quartet est sans doute une vérité, on peut parler d’un « step » supplémentaire vers l’excellence. Comme l’explique Nathan Daems dans les notes biographiques qui accompagnent cet album : « Nous ne pouvons être un bon groupe que si nous faisons preuve d’une forme d’intelligence collective sophistiquée ». Démonstration limpide !

Yves Tassin