Eclectic Maybe Band: Domestic Dragon
Sixième album pour le groupe à géométrie variable instigué et mené par le bassiste bruxellois Guy Segers. Un nouvel album qui survole quelque peu la carrière du musicien, mais tous les arrangements en studio et la production sont récents (2025/2026). Vu la longue période sur laquelle ces morceaux ont été créés, ce ne sont pas moins de 35 musiciens qui jouent sur l’album ! Afin d’éviter l’option de vous en nommer quelques uns, je me limiterai à vous dire que beaucoup sont des fidèles collaborateurs du groupe voire quelques musiciens proches du label Discus. Même le boss est présent ! L’album débute avec un très bon et puissant « Cage » que Guy avait composé en 2009 et qui est chanté majoritairement par des voix féminines. Derrière, ce sont les cuivres qui s’imposent de même qu’une « grosse » guitare crimsonienne ! Dans une atmosphère free, assez cinématographique, la place est aussi faite pour des touches hip-hop funky. Le second morceau est une captation live au Botanique qui date de 1991. Il s’agit de « Conference Of The Birds », une composition de Dave Holland, où des musiciens belges sont accompagnés par The Morton Fork Gang. Le morceau est introduit par Geoff Leigh (Henry Cow) ! Ici, ce sont les trois cuivres qui sont bien mis en évidence. Parfois tonitruants comme des oiseaux bruyants en volière, parfois à l’unisson. Trois improvisations collectives datant de 2021 sont incluses. Fidèles aux explorations de Guy, elles nous réservent des développements, des prospections, comme le bassiste aime les créer. Sorte de cut-up, on y écoute des explosions, de belles lignes de basse, des cuivres qui pulsent, groovent, se la jouent free. On se délecte de touches à la Zappa, où d’un violon qui gère, sait se faire mélodique, guilleret comme si un petit côté « folk » pointait. « Just In Exact » redistribue les cartes avec son coté plus vaporeux, plus space et surtout quelques samplings déroutants et jouissifs. « Château Kafka » fait la part belle à la section rythmique et aux percussions L’album se termine avec une composition de 1983 « Conquistadores » assez classique contemporain, bien enjouée, sur laquelle, en ajoutant un mix d’autres influences (avant pop, progressif, accords complexes, jazz de chambre… et chant) on est plongé dans l’univers musical singulier dirigé, pensé, par Guy Segers. Au final, on découvre un album plus « hard », plus dynamique, plus diversifié, mais dont le côté complexe, improvisé est maintenu. A apprivoiser aux fils des écoutes, sachez qu’à tous les instants cette musique bifurque ! Eclectique mais aussi bien électrique sur ce coup-ci ! Et convaincant.