Eric Séva : Adeo

Eric Séva : Adeo

Laborie Jazz / L’Autre Distribution

Le saxophoniste français possède une belle carte de visite, due à des participations auprès de solistes renommés et dans des styles assez diversifiés : jazz avec Didier Lockwood, soft pop rock avec Chris Réa ou klezmer auprès de David Krakauer pour exemples. Il a aussi œuvré avec de nombreux « noms » catalogués dans « une intéressante variété française » : Zaz, les Rita Mitsouko, Henri Salvador, Maxime Le Forestier, Thomas Fersen et d’autres. Sortir de sa zone de confort. Tel est le précepte qui a mené le musicien / compositeur dans l’élaboration de son septième album qu’il voulait comme une nouvelle expérience, en créant des morceaux entre jazz et classique. Leader d’un trio qui comprend aussi le bassiste Kevin Reveyrand et le batteur Jean-Luc Di Freya, Eric Seva a intégré un quatuor à son groupe de base. Quatre instruments aux sonorités graves qui se répartissent entre cordes et bois. A savoir : violon alto, violoncelle, clarinette basse et basson. Dans le but d’enrichir une musique pour laquelle les notions de mélodies, de rythmes, de danses parfois, occupent des places prépondérantes. Une musique accessible, harmonieuse, écrite de main de maître et parfois plus exigeante, quand le saxophoniste opte pour des improvisations. Il sera le seul à s’autoriser de telles évasions, les autres musiciens respectant méticuleusement les partitions de morceaux judicieusement inscrits dans une union entre jazz et musique classique. Au sein d’atmosphères feutrées, lentes, mélancoliques (des sons qu’il attribue au confinement) dans lesquelles notre ravissement est souvent dû aux remarquables chassés croisés entre les instrumentistes. Un titre tel que « Semeurs de sons » me semble bien représentatif de ce partage entre musiciens. L’album se termine par l’arrangement d’une danse roumaine de Bela Bartok « Tanz aus Butschum » qui confirme les goûts d’Eric Séva pour la musique populaire écrite et l’improvisation. Inspiré et talentueux.

Claudy Jalet