Foehn : Soleil de Minuit

Foehn : Soleil de Minuit

Kollision Records – InOuïe Distribution

Après trois albums, sous le nom de Foehn Trio, parus sur le label MadChaman d’André Manoukian, le groupe français a opté pour un nom moins jazz et un changement de label. La composition du trio est toujours assez similaire, à savoir piano et claviers (Christophe Waldner), contrebasse et basse synthé (Cyril Billot) et batterie, batterie électronique et percussions (Kévin Borqué). Foehn emprunte une voie résolument contemporaine en mixant les musiques électroniques, acoustiques, le jazz, l’improvisation, la pop et un peu de rock, dans sa musique. Petite singularité pour cet album : le groupe a invité Fleur Worku, une chanteuse franco éthiopienne, sur trois titres. Elle imprime un petit côté « pop » à ces titres même si « Find Your Way » se situe plus dans le jazz drum’n bass. Sans sa présence, nous pourrions dire que le trio s’immerge dans une voie que certains de nos groupes belges explorent ou ont exploré. Je pense notamment à Madensuyu (souvenez-vous de la superbe musique composée pour le film « Ex-Drummer ») mais seconde époque quand le piano a remplacé la guitare et plus récemment aux compositions de Glass Museum. Ce sont simplement deux exemples pour vous situer en bref l’univers de Foehn. Parce que le groupe diversifie bien ses compositions. Sur « Moksha » la pop trip-hop est soutenue par une belle mélodie issue d’un piano classique. Les nappes de claviers, de synthés de « Phoenix » nous font voyager entre muzak et rock progressif (il me semble même entendre un mellotron !). Le son d’un piano, presque clavecin classique, se fait léger sur un « Old And New » simplement perturbé par le rythme de la batterie qui vient aussi expliciter le titre ! Retour à la drum’n bass sur l’efficace et dansant « Red Castle » mais ici aussi une pointe de muzak, de lounge, se laisse entendre. Foehn opte donc pour des ambiances sur lesquelles envolées lyriques et moments plus retenus se font suite, il propose parfois pour des mélodies empreintes de poésie, dotée d’une simple beauté fougueuse. Rendant sa musique accessible à un grand nombre de personnes. Qui auront à cœur d’écouter ces neuf compositions en extérieur, en contemplant, en référence au titre, un coucher de soleil. C’est cliché mais bien évocateur de la musique, de l’univers sonore de Foehn.

Claudy Jalet