Frank Kimbrough : The Call
Sunnyside – Xango Music Distribution
Musicien reconnu de la scène new-yorkaise depuis les années 80, le pianiste Frank Kimbrough a entre autres participé pendant plus de 25 ans au Maria Schneider Orchestra avec lequel il a enregistré ses plus grands succès, notamment « Evanescence » (1994) et « Sky Blue » (2007). Sa notoriété s’est encore accrue après avoir sorti en 2018 « Monk’s Dream », un ambitieux projet regroupant sur six compacts l’intégralité des compositions de Thelonious Monk. Décédé deux années plus tard à l’âge de 64 ans, Frank Kimbrough a laissé le souvenir d’un pianiste post-bop lyrique influencé aussi bien par Bill Evans et Paul Bley que par Thelonious Monk. Des influences qui transparaissent au fil des plages de cet album, enregistré en 2010 et édité quinze ans plus tard par le label Sunnyside, qui regroupe des performances inédites en solo. Ainsi, comment ne pas penser à Monk en écoutant le style percussif employé par le pianiste sur cette version très originale de « Angelica », une composition de Duke Ellington ! Et si les silences et la déconstruction de « In a Sentimental Mood », d’Ellington encore, peuvent évoquer l’introspection d’un Paul Bey, c’est plutôt à Bill Evans qu’on pense en écoutant le splendide « From California with Love » du cérébral Andrew Hill ici rendu dans une splendide ballade où le romantisme côtoie la sophistication. Le programme est complété par des versions en solo de « The Call » et « November », deux compositions originales de Kimbrough déjà présentes sur son album « Quartet » sorti en 2014 chez Palmetto. Ce disque posthume rend un bel hommage à un pianiste intègre dont l’expression sincère et spontanée a su séduire tous ceux qui l’ont jadis écouté ou qui ont un jour joué à ses côtés.
