Hanakiv : Interlude
Si l’on s’en réfère aux définitions d’usage, l’interlude pourrait représenter – au nouveau des arts – « une courte pièce instrumentale ou dramatique jouée entre les actes d’une pièce ou d’un opéra, ou entre deux morceaux de musique. » Mais aussi une période de transition, voire une pause… Un moment de quiétude situé entre l’accomplissement de nos tâches de la vie courante, peut-être même un break avant de « passer à autre chose ». S’agissant du titre du deuxième album de la compositrice et pianiste londonienne (d’origine estonienne) Hanakiv, rien ne semble exclu. « Cet album est le fruit d’une révélation créative personnelle » dit-elle. Soit, encore faut-il que ce travail introspectif soit productif pour d’autres personnes qu’elle, ceux qui auront écouté cet album.
Retour aux sources : on le sait, la musique joue un rôle très important dans son pays d’origine, en particulier la musique chorale dont Arvo Pärt est l’un des maîtres absolus. Celle de Hanakiv s’inspire de cet héritage culturel, mais aussi des musiques actuelles. Elle cite pêlemêle les as de l’electro-pop, Aphex Twin et Björk en tête. On pourrait sans aucun doute ajouter sa collègue de label Hania Rani. Il ressort de cette approche nouvelle un choc culturel finement organisé autour de son piano préparé dont les notes semblent nous tomber dessus comme les gouttes d’une pluie d’été. « Goodbyes », son premier album déjà publié chez Gondwana il y a tout juste deux ans, ouvrait la voie à une œuvre cinématographique avec un titre en trompe-l’oreille… A ce piano si particulier viennent s’ajouter ici un chant aérien (et même une chorale – « Ma Langen »), quelques cordes, parfois un saxophone, rarement une batterie. Et puis il y a la contrebasse omniprésente de Milo Fitzpatrick (Portico Quartet, Vega Trails) qui se trouve également impliqué dans l’écriture de deux titres. Cet album, selon la jeune compositrice, procurerait « un sentiment d’espoir selon lequel l’immobilité fait partie de la vie. »
Ainsi, cet « Interlude » se situerait entre la douleur et l’espoir… Convenons-en !
