Hervé Muller : Jim Morrison, derniers jours à Paris

Hervé Muller : Jim Morrison, derniers jours à Paris

Qui mieux qu’Hervé Muller pour écrire ce livre ? Adolescent, je buvais les textes qu’il écrivait pour le magazine Best dont j’étais un fidèle lecteur. Musicalement, il s’intéressait aussi bien à la musique folk (sa rubrique « Fous du folk » dans Rock & Folk, sa biographie – collective – consacrée à Dylan) qu’au hard-rock (il a produit le premier album de Trust…) ou encore à la chanson française (il a été le manager de Capdevielle).

Mais c’est bien de Jim Morrison qu’il s’agit… Le Roi Lézard qui, au début des seventies, avait fui les States pour 100 bonnes raisons : la justice, une femme (Pamela Courson), la tranquillité… Puis et surtout, Morrison pensait qu’en s’installant à Paris, il serait plus proche d’une mouvance littéraire à laquelle il désirait appartenir. Il voulait devenir un poète / écrivain moderne, et non un chanteur. Parmi ses proches amis parisiens, Morrison pouvait compter sur Hervé Muller, lequel traduisait ses poèmes en français (dont certains sont repris dans « Une prière américaine et autres récits » – éditeur Christian Bourgeois). Certes, à Paris, Morrison a retrouvé une certaine quiétude. En 1971, il ne jouissait pas encore d’une notoriété bien établie en France, il pouvait se balader dans les rues et fréquenter les bars sans être dérangé… Le statut d’icône ne viendra qu’après sa mort. Mais les quelques mois où il y survécut (quatre en tout) n’ont en rien réglé – comme il l’espérait – sa consommation astronomique en alcool.

On sait – ou plutôt on ne sait pas – la triste fin que connaitra ce séjour. Hervé Muller remonte la rivière de ses souvenirs et tente de définir les circonstances qui ont mené à cette mort inattendue… Le hasard a fait que lui-même fut retrouvé mort, seul dans son appartement. C’était il y a deux ans, en pleine période de pandémie.

Ne vous attendez pas à trouver ici « la vérité qu’on nous cache ». Ce livre vaut essentiellement pour ses pages « parisiennes » qui n’occupent en fait qu’une petite partie de l’ouvrage. On entre dans l’intimité de cette amitié Morrison / Muller qu’un court moment. Pour le reste, « Derniers jours à Paris » est un (excellent) résumé de la vie de Morrison, une biographie qui prend de la hauteur…

Hervé Muller
Jim Morrison, derniers jours à Paris
Le mot et le reste

144 pages
ISBN : 9-782-3843-1111-8
20 €

Yves Tassin