Ivan Valentini : Camera Funky
Compositeur et saxophoniste (alto et soprano) renommé de la scène jazz italienne, Ivan possède une belle série d’albums sous son nom mais il est également actif en tant que producteur et fut ou est toujours membre de diverses formations. A l’heure actuelle, il joue dans The Blankrooms et dirige son propre quintet avec lequel il publie ce « Camera Funky ». A la lecture de ce titre d’album, vous identifiez rapidement le style de musique que ces musiciens vont nous proposer. Soutenues par un trompettiste, un guitariste électrique, un bassiste tout aussi électrifié et un batteur, les huit compositions d’Ivan nous plongent dans un funky jazz qui doit beaucoup à la musique black, mais des touches de rock, de free posent des accents plus contemporains. Chaque titre apporte sa note d’originalité ou s’égare sur une voie de traverse. Ainsi, sur la plage d’ouverture « Fu-Gu » la basse nous joue carrément le thème mélodique du « Sex and Drug and Rock’n Roll » d’Ian Dury ! Je ne vais pas vous nommer tous les titres, mais bien quelques petites accroches qui les diversifient. Une base heavy rock dont la construction évolue vers l’art rock, des riffs de guitare « à la manière » de Zappa ou de Robert Fripp, des échanges puissants entre cuivres et section rythmique, une basse qui est le point d’ancrage de tous les solos qui défilent sur un même titre, de la soul sur la plage finale. Les deux morceaux qui m’ont le plus captivé, étonné sont « Overload » avec son côté plus expérimental, intrigant, cette superposition d’instruments qui culmine avec une improvisation collective est certainement mon titre préféré, mais les amateurs de jazz pur préféreront certainement « Charnold » pour son rapprochement entre base roots et improvisations. Même si le funk est le moteur central de cet album, le groupe joue la carte des contrastes, de la complexité, convoque riffs et grooves de diverses époques et propose, en termes de conclusion, de très bons moments joués par d’efficaces musiciens.