Janel Leppin’s Ensemble Volcanic Ash : Pluto in Aquarius
Janel Leppin’s Ensemble Volcanic Ash
Pluto in Aquarius
Troisième album pour l’Ensemble Volcanic Ash, un des nombreux projets de la violoncelliste américaine Janel Leppin. Pour rappel, Leppin fait partie de la scène avant-gardiste de Washington D.C. et est entourée de musiciens provenant de cette même scène : on retrouve toujours le guitariste Anthony Pirog (par ailleurs époux de Leppin et membre des Messthetics, groupe auteur récemment de deux grands albums de punk-jazz avec James Brandon-Lewis en invité), Luke Stewart à la basse, Brian Settles au saxophone ténor et Larry Ferguson à la batterie. Le disque commence par quatre titres assez calmes et mélodieux (que l’on pourrait définir comme post-rock) même si les nombreux changements de rythme peuvent déconcerter. Vient ensuite « Susan Was A Warrior », un bel hommage, tout en douceur, à Susan Alcorn, pedal steel guitariste, décédée en 2025. Par après viendront d’autres moments harmonieux (« We See Dark Money »), mais également des compositions (toutes de la plume de Leppin et relativement courtes) plus rock (« Our Time », « Jazz Is Resistance ») ou davantage improvisées (« Old Guard », « The Collective », « Cruel Motherfuckers »). Finalement ce disque est très varié, un objet hybride mais si attachant, dont la grande force est d’être toujours peu conventionnel avec une Janel Leppin en vraie leader (le violoncelle est omniprésent mais il se confronte fréquemment au saxophone ou à la guitare).
Janel Leppin
Slowly Melting
Mandaï Records
Parallèlement et simultanément à la sortie de son projet Ensemble Volcanic Ash, Janel Leppin nous propose un album de violoncelle solo (avec quelques délicates touches de piano, de guitare, de synthé et de basse, tous instruments joués par Leppin). Au programme, neuf compositions-improvisations fascinantes, où le son du violoncelle, saturé à souhait (à ce sujet, il est amusant de constater que de nombreux titres portent le nom de pédales utilisées afin de transformer les sons, comme « Zonk » ou « Dirge »), nous emmène dans des paysages allant de la musique de chambre (mais assez expérimentale) à des sonorités plus ou moins jazz ou rock (ici encore, le monde sonore de Janel Leppin est si personnel qu’il est quasiment impossible d’en définir le genre musical, et c’est très bien ainsi). Malgré ce côté avant-gardiste, Leppin parvient à faire surgir de vraies mélodies, exquisement subtiles. Envoûtant.
