Jussi Reijonen : sayr : salt ׀ thirst

Jussi Reijonen : sayr : salt ׀ thirst

Unmusic

C’est peu de choses. Une guitare acoustique. Six cordes. Des notes qui s’égrènent. Une texture sonore qui se pose, se dépose, s’installe dans l’espace. Mais, déjà, c’est beaucoup. Car il y a là toute une petite musique complète, entière, pleine. Une musique qui vous enveloppe sans que vous n’ayez eu le temps de vous en rendre compte. Elle ne requiert ni ajout ni supplément. Deux longues compositions qui se décomposent l’une et l’autre en de plus petites pièces à la manière d’un diptyque que rappelle l’articulation du titre. Autant à l’aise sur une guitare traditionnelle que sur fretless ou sur un oud, Jussi Reijonen s’est forgé une belle réputation, glanant récompenses et reconnaissance internationale. Il y a trois ans, JazzMania avait salué son précédent album « Thee Seconds ׀ Kolme Toista », suite épique ambitieuse en quatre mouvements interprétée par un ensemble de neuf musiciens provenant à la fois du Moyen-Orient, de l’Orient et des Etats-Unis. Le présent opus voit Reijonen se recentrer avec lui-même, sans apport extérieur et avec une économie de moyens notable. Jussi a tout enregistré sur une journée unique et en une seule prise, et ce de manière improvisée. L’enregistrement est réalisé sans gimmick, privilégiant l’ambiance naturelle, en manière telle que l’on entend parfois ses mains caresser le manche de sa guitare et que l’on peut presque percevoir sa respiration. Un disque aux couleurs ambrées, de fin d’automne qui plaira tant aux fans d’un John Fahey que d’un John Martyn quoique ces comparaisons stylistiques soient purement fortuites.

Eric Therer