Kamil Rustam : Listen Up !
Même s’il n’est pas un nom archi connu du grand public, presque tout le monde doit bien avoir, à la maison, un disque sur lequel Kamil joue. Vous allez bientôt juger. Né à Amsterdam, il s’installe avec sa famille à Paris dès l’âge de sept ans. Il découvre le rock anglais des sixties mais c’est Hendrix qui le secoue ! Il apprend la guitare classique pendant des années avant de devenir un renommé accompagnateur des deux côtés de l’Atlantique. Il joue avec Stevie Wonder, John Mayers, James Ingram, Anastacia, Barbra Streisand et d’autres aux States et en France ce sera plus la variété qui fera appel à ses services : Berger / Gall, Hallyday, Goldman / Dion, Aznavour, Zazie et beaucoup d’autres que je préfère ne pas citer mais internet sera votre bras droit. Quelques éclaircies malgré tout avec Manu Katché, Gabriel Yared, Dutronc, Christophe et même OMD ! En plus, il compose des musiques de films, de jeux vidéo… Bref il est méconnu mais omniprésent ! Et comme preuve que beaucoup de styles issus des States ont sa préférence, le passionnent, il publie ce huit titres avec de nombreux invités étatsuniens. Mais aussi une vieille connaissance anglaise : le redoutable bassiste Pino Palladino (Paul Young puis, entre-autres, Tears For Fears, Elton John, Clapton, The Who et même Nine Inch Nails !). Au chant, quelques vétéran(te)s : Eddie Brown, Amy Keys, Billy Valentine… Et la musique dans tout cela ? Elle a comme constante une parfaite symbiose vu la qualité des musiciens qui jouent. Sur des instruments conventionnels, basiques, de nombreux cuivres, quelques synthés. La production est efficace et tout ce monde s’exécute dans des musiques datées mais toujours susceptibles de plaire à un certain nombre. Il y a du blues électrique cuivré entre John Lee Hooker et Sly and the Family Stone, de la soul funky digne de Stevie Wonder, du jazz funky, un slow millésimé ricain, du jazz leadé par sa guitare électrique. « We Were Family » évoque Prince et surtout possède une rythmique secouante à la « The Revolution ». Et une belle reprise un brin plus funky, dansante du classique « Let’s Stay Together » d’Al Green. Le tout se termine sur un instrumental assez cinématographique teinté de jazz. Et au final, on se dit : « Heureusement que c’est le pan américain de sa carrière qu’il a mis en évidence ! »
